
Les responsables de la FDSEA 22 reviennent du Congrès de la FNSEA à Poitiers. « Nous avons le sentiment que les débats ont eu lieu, parfois passionnés mais intéressants », explique le président Jean-Jacques Poëzévara. Sur le bilan santé Pac, il reste selon lui quelques ajustements à opérer. “Il est trop tôt pour les détailler dans la mesure où des discussions sont encore en cours notamment sur les 170 millions d’euros accordés par les pouvoirs publics pour calmer certains esprits à la veille du congrès.”
Mais au-delà de ce dossier des aides Pac, ce qui importe aujourd’hui pour le syndicat c’est de retrouver quelques outils de régulation des marchés. « On ne vivra pas des primes, mais des prix », souligne Jean-Pierre Clément, membre du bureau et responsable du groupe de travail sur la réforme du Projet agricole départemental (PAD). Un PAD qui va lui aussi devoir évoluer pour à la fois s’adapter au nouveau contexte économique avec des prix que l’on devine plus fluctuants, une libéralisation des quotas, et prendre en considération l’évolution démographique. « D’ici 7-8 ans, environ 30 % des 7500 exploitations professionnelles sont amenées à changer de main. Il faut s’y préparer rapidement ».
Plus de volume par UTH
La FDSEA estime que le PAD de 1995 et amendé depuis à plusieurs reprises, (la dernière mouture date de 2006), avait une connotation sociale. « Nous devons lui donner aujourd’hui une dimension plus économique », admet Jean-Pierre Clément. Clairement pour les responsables, la tendance est à une augmentation des volumes par UTH (notamment en lait) avec recours à différentes solutions pour résoudre les problèmes de main-d’œuvre. Mais pas de solution unique. « Il y a des formules sociétaires qui peuvent convenir à certains mais pas à tout le monde, le recours au salariat directement ou par l’intermédiaire de groupements d’employeurs, la délégation de certaines tâches au travers des Cuma ou des ETA ».
Une évolution qu’ils souhaitent voir se traduire par une modification des critères de priorités du PAD, sans doute dans les niveaux de production pris en compte, mais aussi sur les critères d’âge. Ainsi jusqu’à présent les actifs après 55 ans et jusqu’à 60 ans ne comptaient que pour 0,5 UTH ; « nous souhaitons qu’ils comptent désormais pour 1 UTH ». L’argument principal, tout en maintenant la priorité à l’installation, est qu’il faut « conforter des exploitations de dimensions moyennes bloquées dans leur développement depuis trop longtemps ». Jacques Hello, rajoute que « conforter les plus de 55 ans, c’est aussi préparer des exploitations transmissibles pour installer des jeunes ». Une façon par un PAD probablement simplifié d’éviter les dérives constatées ces derniers mois et de donner un peu de perspectives à une majorité d’agriculteurs. « Sinon, nous allons vers l’explosion de notre système agricole et vers une plus grande concentration », conclut Jean-Pierre Clément.
PAD régional
Les réflexions ne sont pas encore totalement abouties. Et il y a tout lieu de penser qu’elles donneront encore lieu à débat. Les premiers éléments ont cependant été présentés début de semaine aux responsables économiques et aux partenaires financiers. Ils le seront également aux élus (Conseil général) dans les prochaines semaines.
Une démarche à intégrer dans le cadre d’une réflexion élargie au-delà des frontières départementales, car la régionalisation est en marche. Dans les années à venir, l’harmonisation des PAD, au minimum au niveau Bretagne paraît incontournable.
Pierre Dénès
Photo : Jean Jacques Poëzévara, président de la FDSEA entouré de Jacques Hello, membre du bureau
(à gauche), et de Jean-Pierre Clément, responsable du groupe de travail sur la réforme du PAD.