
La surproduction de dindonneaux est à l'origine d'une action syndicale déployée par la Confédération Paysanne aux établissements Le Sayec la semaine dernière à Caudan (56). Michèle Briand, éleveur à Plouguernevel (22) s'estimait lésée par l'intégrateur pour non respect de contrat. Celui-ci avait mis en place un lot de dindes reproductrices chez l'éleveur pour une durée, stipulée dans le contrat, de 28 semaines. "Les dindes ont été retirées au bout de 22 semaines pour cause de surproduction. Le préjudice porte sur 6 semaines de ponte équivalant à 10 000 euros environ". L'intégrateur n'a pas jugé utile de fournir d'explication et surtout de négocier un arrangement avec l'éleveur. Une douzaine d'adhérents du syndicat se sont donc invités aux établissements Le Sayec. Reçus par le directeur, les éleveurs ont quitté les lieux sans obtenir d'accord mais avec la promesse qu'une proposition serait faite à Michèle Briand dans les jours suivants. Le préjudice vient, en partie, d'être réglé. Les responsables du syndicat dénoncent le fait que le marché prime toujours sur les termes du contrat écrit, dont certains éléments figurent en annexe. D'une manière générale, le syndicat cherche à mettre la profession en garde contre le remplacement programmé des outils de régulation de marché par une contractualisation entre producteurs et industriels. "Nous voyons, à travers cet exemple en production de dindes repro, les limites de la contractualisation face au retournement des marchés", déclarait Jean-Marc Thomas, à l'issue de la négociation.
Bernard Laurent
Photo : Les adhérents de la Confédération Paysanne soutenaient Michèle Briand (au centre), lors d'une entrevue avec la direction des établissements Le Sayec à Caudan, vendredi dernier.