
À la demande de quelques jeunes agriculteurs, le GVA du Pays de Lorient a mis en place un groupe de réflexion sur le passage à la bio. Une douzaine de producteurs se disent intéressés par l'évolution de leur système de production. Des réunions, des visites d'exploitations et des interventions de spécialistes et d'agriculteurs qui produisent déjà en bio sont prévues sur l'année 2009. "Ces différentes manifestations ont pour but de nous éclairer sur les itinéraires culturaux, la santé animale, l'organisation du travail, la réglementation et bien sûr les critères économiques", déclare Jean François Bréhaud, producteur de lait en Gaec à Nozan, à l'initiative du projet. Les jeunes se disent motivés par l'arrêt des traitements phytosanitaires et la nécessité de produire de manière durable. La différence des prix du lait bio et conventionnel pousse également à la réflexion. "L'objectif est, au final, de dégager du revenu", précise Gwenaël Justome, producteur à Inzinzac, déjà engagé dans une démarche de conversion. L'évolution du cahier des charges de la production biologique (système européen) favorise également le changement. La possibilité d'utiliser des fourrages ensilés sans restriction ouvre des portes. "C'est une avancée. Nous pourrons sécuriser le système fourrager avec des ensilages d'herbe ou de méteil", déclare l'un des participants. Le cahier des charges français imposait un maximum de 30% à 50% d'ensilages dans la ration. D'autres étudient le séchage du foin en grange, de manière technique et économique.
L'aspect économique avant tout
Le maintien ou l'amélioration du revenu est un impératif pour l'ensemble des participants. Certains éleveurs avouent appréhender la baisse de production. "C'est la raison pour laquelle nous insistons sur les aspects économiques dans nos réunions", justifie Jean François Bréhaut. Les jeunes en réflexion ont des moyens de production conséquents : de 250 000 à 450 000 litres. La dynamique de groupe est motivante et "permet de se rassurer". La réflexion est, en tout cas, engagée. Deux d'entre eux sont déjà en période de conversion. Tous ne passeront pas en bio tout de suite. Nul doute que ce parcours de formation leur sera de toute manière utile dans leur carrière professionnelle.
Bernard Laurent
Photo : Le groupe d'éleveurs, en réflexion sur une conversion à l'agriculture biologique, se réunira plusieurs fois au cours de l'année 2009