Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lapins | Article n°9361 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 17 février 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Lapins / Marasme du marché - Les éleveurs de lapins en grande difficulté
 

En 2008, la filière avait décidé une baisse de 5 % de sa production annuelle. Cette mesure a permis d'assainir le marché, le stock de lapins congelés ayant fortement diminué, par rapport à l'an dernier.


Une consommation en baisse de 8 %


"L'enjeu déterminant, c'est la consommation", explique Alain Guillotel, président de Celtalliance. Elle a baissé de 8 % en 2008, soit légèrement plus que celle des autres viandes (-6 %). "La légère progression des cours, en 2008, n'a pas été suffisante face à la hausse des charges, notamment l'aliment". Les améliorations de performances, n'ont pas permis de rétablir la rentabilité de la production.  
Depuis l'automne, le prix de l'aliment a légèrement baissé, après une augmentation avoisinant 100 euros/t., en 2007-2008. L'un de ses composants, la luzerne, a subi des tensions, en 2008.


Baisse de la production de 10,5 %


"Au niveau de la filière, on n'a pas mesuré assez tôt l'ampleur de la crise", souligne Alain Guillotel. "Dès 2007, nous aurions dû demander un plan de cessation, financé par la France". Ce type de plan national doit être agréé par l'Europe et le délai est de 18 mois. "Nous avons fait le choix de bloquer les créations d'élevage, dès octobre 2007, alors que d'autres organisations continuaient des mises en place", précise Eric Guillermic, animateur du groupement. 
La production du groupement a baissé de 10,5 % en 2008. Malgré les difficultés de la filière, la grande distribution continue à faire pression sur les abattoirs et les petites PME. "Les élus politiques ne mesurent pas les conséquences des pratiques de la grande distribution", confie Alain Guillotel.


Des mesures d'accompagnement


"Notre priorité est d'accompagner les éleveurs. Ceux qui sont en situation financière trop dégradée doivent pouvoir arrêter dignement. Et ceux qui sont motivés et performants doivent continuer leur métier". Les instances semblent avoir pris conscience de l'ampleur de la difficulté du métier d'éleveur de lapins. Plusieurs dizaines de dossiers sont en instruction pour percevoir les aides du fond FAC. L'enveloppe prévue au contrat de plan Etat-Région devrait être réaffectée à l'achat de génétique. Pour chaque élevage, un logiciel permet d'obtenir le point d'équilibre financier et l'EBE permettant de faire face aux prélèvements privés et aux annuités


Une nouvelle maîtrise de la production


"Sous l'impulsion des industriels, un nouvel effort de maîtrise de la production sera réalisé, cette année", déclare Pierre-Arnaud Wacquez, de Celtalliance S.A. Il portera sur l'équivalent d'une baisse annuelle de 4 % de la production (-14 % sur 3 bandes). La restructuration en cours des abattoirs complique la mise en place d'un plan national.
"Du côté de la productivité, il y a peu de marges de manœuvre. Au niveau des charges, le prix de l'aliment pourrait encore baisser de quelques euros/tonne". Par contre, avec la reconduction de la grille de prix 2006, le prix moyen annuel se situera autour de 1,625 euro/kg, avec un blocage à 1,34 euro/kg sur 12 semaines d'été.


Donner envie de consommer


La consommation ne redémarre pas. Le CLIPP communique sur les qualités nutritionnelles et gustatives de la viande de lapin. "Il faut trouver de nouveaux consommateurs et leur donner envie de consommer en leur proposant des produits différenciés. Lors des promotions, on constate que le lapin est méconnu, que sa viande plait mais qu'il y a peu de place pour les innovations dans les linéaires".
La gestion des débouchés, c'est capital. "Il faut sécuriser les volumes à l'abattage, en développant les partenariats avec les abattoirs, en travaillant sur les plannings pour produire du lapin aux périodes de l'année où il se vend le mieux", poursuit A. Guillotel. "En connaissant mieux les ventes, on peut anticiper sur les périodes d'insémination pour avoir les volumes de viande plus adaptés". Il faut passer le cap et évoluer vers un contrat de production en étant vigilant à sécuriser l'enlèvement et le paiement. "Notre objectif est d'assurer la pérennité de la filière bretonne". 

Patrick Bégos


 


Photo : Alain Guillotel, (au centre), président de Celtalliance, entouré de Pierre-Arnaud Wacquez (à gauche) et d'Eric Guillermic.

 






Un prix d'équilibre à 1,90 euro/kg

Avec un atelier de 750 cages-mères (1 UTH) ayant une productivité de 16 kg de lapin par IA (ce qui est supérieur à la moyenne), le prix d'équilibre se situe autour de 1,90 euro/kg, pour dégager un revenu mensuel de 1 000 euros. Or, le prix de marché se situe entre 1,65 et 1,70 euro/kg. Dans un tel élevage, le déficit se creuse donc de 20 000 euros par an dans un contexte de crise que connaît le lapin depuis 30 mois.



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 3 au 9 Avril 2009
Imprimer l'article Imprimer l'article



La révolution rurale des années 60





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12487 depuis 1997)