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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Bovins Viande | Article n°9355 |
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VIANDE BOVINE / Journée régionale de Mauron - Inventer l'avenir du jeune bovin
 

Ce n'est toujours pas l'euphorie qui domine, dans la filière jeunes bovins (JB). Ce n'est pas la déconfiture non plus. L'année 2008 s'est caractérisée par une conjoncture meilleure que prévu, avec des prix qui se sont relativement bien tenus. Le potentiel de production, quant à lui, résiste bien. "En Bretagne, la production s'est stabilisée depuis 5 ans", relève Christian Veillaux, de la Chambre d'agriculture 35. 75 700 têtes ont été produites et abattues dans la région en 2007. Mais ces animaux sont élevés dans un nombre déclinant d'exploitations, qui écoulent en moyenne davantage d'animaux. Les engraisseurs spécialisés, en particulier, ne sont plus que 108 en Bretagne, soit 22 % de moins qu'en 2002.


Deux marchés distincts


Le contexte diffère selon qu'il s'agit de JB de races laitières ou de races à viande. "En JB laitiers, les abatteurs sont en recherche d'animaux, indique Didier Bastien, de l'Institut de l'Élevage suite à un travail d'enquête de 2007 auprès de 10 entreprises françaises. La production est jugée intéressante car elle se substitue bien à la vache laitière dans les GMS et elle est adaptée à la fabrication des barquettes de viande." En 2008 en Bretagne, 41 % des bovins mâles sortis étaient laitiers, 16 % croisés (dont 43 % issus de vaches laitières) et 43 % de races à viande.
En race à viande, "les entreprises mettent l'accent sur le besoin d'animaux moins lourds (430 kg maxi)", reprend la spécialiste. Mais, on le sait, la possibilité de grilles de prix incitatives est éternellement renvoyée aux calendes grecques. Autres points réclamés par l'aval de la filière : une meilleure homogénéité dans les JB produits, laitiers comme de races à viande, ainsi qu'une meilleure régularité de sorties. "Une véritable organisation de filière est requise", conclut Didier Bastien.


Nouveaux modèles ?


Un point sur lequel les producteurs abondent. "Aujourd'hui, les engraisseurs spécialisés disparaissent et la production de viande des laitiers va en yoyo. Comment organiser la filière ?", interroge Gérard Doré, engraisseur et responsable FRSEA viande. Avant de soulever le problème essentiel des producteurs : "Qui va s'installer aujourd'hui en viande, vu la rentabilité des ateliers ? En Italie le JB est payé 70 centimes de plus!"
Conjoncture de prix délicate, menace sur les primes avec la réorientation des aides Pac… les perspectives ne sont en effet pas toutes réjouissantes. La redistribution des aides à la faveur de l'herbe ne pourra pas concerner tous les éleveurs. Seule solution, donc, l'adaptation. "Je ne suis pas forcément enthousiaste pour l'avenir, mais il y a sûrement des pistes à creuser en terme de réduction des coûts, de nouveaux systèmes…", avance Olivier Allain, éleveur de vaches allaitantes. Des progrès sont aussi à rechercher du côté des performances des animaux, vu la grande diversité qui demeure. Enfin, les systèmes de production en eux-mêmes évoluent : chez les jeunes qui s'installent en viande, les ateliers sont bien souvent de taille conséquente, avec un autre atelier en complément.

Anne-Laure Lussou


 


 




 


13 fiches de référence pour se situer


Les Chambres d'agriculture de Bretagne et Pays-de-la-Loire, l'Institut de l'Élevage et Arvalis Institut du Végétal viennent d'éditer 13 fiches de références pour la production de jeunes bovins. Elles regroupent des références techniques (quantités ingérées, GMQ, indices de consommation) pour les principaux régimes alimentaires et pour différentes races et poids de carcasse, suite à des essais réalisés en stations expérimentales. Ainsi, en fonction de ses objectifs de poids de carcasse, il est possible de situer la performance de ses animaux en cours d'engraissement et en fin de lots. "Il est aussi possible d'établir des prévisionnels (bilan alimentaire, gestion des lots), de chiffrer les marges et encore de réaliser des simulations, indique André Guillaume, de la Chambre régionale. Il ne faut pas forcément faire du GMQ pour du GMQ, mais toujours veiller à la maîtrise de ses coûts." De quoi aider à se situer précisément et permettre aux ateliers de gagner en efficacité technico-économique.


Photo : En Bretagne, 7 veaux de races allaitantes sur 10 sont élevés en jeunes bovins.


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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 9 Avril 2009
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