Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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INFORMATIQUE / Plus précis dans la conduite des cultures / Le Pocket a remplacé les carnets
 

À mon installation, il y a 10 ans, j'avais deux carnets dans la poche, l'un pour noter les préconisations, l'autre pour les approvisionnements et les rendez-vous", explique Philippe Glais de Bréhan (56). En 2000, il a acheté un premier Pocket où il notait les interventions. "Je devais saisir les informations, une seconde fois, sur micro, notamment pour la fertilisation et les fiches parcellaires en légumes".


Simplification des enregistrements


En 2000, Coopagri Bretagne a mis en place Planiterre, un outil agronomique qui permet de répondre aux obligations réglementaires. La formule e-Planiterre par le Web, sortie en 2008, a été testée pendant 2 ans chez une cinquantaine d'agriculteurs. "Cet outil m'a séduit car mon objectif est d'avoir le pocket dans la poche et de saisir une seule fois les informations".
Le PC du bureau a accès à Planet, le portail de Coopagri et à Visioterre, l’outil de gestion en ligne de l’exploitation. "Sur le pocket, je note toutes les interventions et le soir, il suffit de "synchroniser" les informations, soit du PC vers le pocket, soit l'inverse", explique Philippe. "C'est une simplification maximale avec la possibilité d'avoir sous la main toutes les préconisations, les interventions déjà réalisées,…"


Toutes les informations par parcelle


Par exemple, en blé, toutes les informations sur le semis (variété, date, dose ainsi que les remarques sur les conditions de semis) ont déjà été saisies à l'automne parcelle par parcelle. "En cours d'hiver, avec mon conseiller cultures, nous avons élaboré les préconisations de fertilisation, de traitements fongicides…"
"Les semaines passées, pour l'apport d'engrais, j'ai repris les préconisations élaborées en novembre, j'ai regardé l'état des cultures et j'ai décidé d'apporter 40 unités d'azote". Avec le système de pesée en continu dont est équipé l'épandeur d'engrais, Philippe a, en fin d'épandage, la quantité d'ammonitrate réellement épandue par parcelle. En moins d'une minute, cette information a été introduite dans le pocket, au champ. "Pour les régulateurs, j'ai consulté, sur mon Pocket, le menu déroulant avec la liste des produits, ce qui est en stock, la dose maxi/ha, la préconisation…J'ai entré la quantité épandue, la fiche parcellaire s'est complétée automatiquement ainsi que le stock".
Un menu déroulant donne également le même type d'informations pour les fongicides. "Les conseillers cultures de la coopérative seront bientôt équipés et pourront envoyer un message d'alerte pour une maladie observée, lors du passage dans une parcelle", souligne François Madec, de Coopagri Bretagne. De même, l'exploitant pourra bientôt prendre en photo un problème sur une culture, l'envoyer par SMS à son technicien et recevoir en retour un conseil de traitement. "En paramétrant les prix des intrants en morte-saison, je peux aller jusqu'à la rentabilité d'une culture, voire d'une parcelle", estime Philippe.


Gérer la mécanisation


Le brocoli est un exemple intéressant, notamment pour la main-d'œuvre (voir hors-texte). Les informations techniques sur les traitements phytos, les produits autorisés, les retraits de molécules, les délais avant récolte sont dans le pocket. En légumes, la traçabilité est indispensable. Une fiche parcellaire avec les informations sur le semis et les opérations en cours de culture doit être transmise à l'usine 5 jours avant récolte. Un oubli entraîne une sanction financière. "Avant, je réalisais cette fiche manuellement. Avec e-Planiterre, elle se fait tout au long de la culture, sans risque d'oubli".
La mécanisation peut également se gérer grâce au Pocket. Le matériel est partagé avec un voisin ayant les mêmes productions et le même pocket. Un menu déroulant donne accès à la liste du matériel. "À chaque opération culturale, on introduit le nombre d'heures d'utilisation et la surface", explique Philippe. "En fin d'année, on a ainsi le nombre total d'heures, la surface et le coût  par matériel". C'est un bon outil pour ajuster le parc, le renouveler, suivre la consommation de gazole et les frais d'entretien qui sont également répertoriés.


Vers l'agriculture de précision


"Un coût de fonctionnement de 150 euros/an (voir hors-texte) n'est pas prohibitif pour les services rendus", estime l'exploitant. "C'est un outil simple qui me permet d'être plus précis dans ma conduite de culture, de garder en mémoire l'historique des parcelles, tout en limitant le papier". Il est intéractif, car il permettra rapidement de recevoir les conseils des techniciens. "Son atout est aussi son évolution dans le temps. Les propositions d'amélioration que nous transmettons sont prises en compte. Le produit n'est pas figé. Je pense, par exemple, à la gestion de l'irrigation, où j'aimerais avoir le coût du m3 d'eau".
"On avance vers l'agriculture de précision", confie Philippe. "À terme, avec les informations sur les rendements, les coûts, les marges, je saurai si telles cultures sont les mieux adaptées à telle parcelle. C'est un outil d'aide à la décision dont je ne peux plus me passer".


Patrick Bégos


Légende : Philippe Glais (à gauche) introduit dans son Pocket toutes les informations liées aux opérations culturales et à la mécanisation. A droite, François Madec, de Coopagri Bretagne.





Un coût raisonnable


Le coût du pocket évolue de 60 à 300 euros, selon la taille de l'écran et la rapidité du processeur. Un écran de 3,8 pouces est souhaitable. Le coût de la licence est de 200 euros par exploitation (un seul paiement) et le coût mensuel est de 12 euros (10 euros pour le logiciel et 2 euros pour la maintenance). Le pocket est aussi un téléphone data qui permet de recevoir des emails, de consulter la météo…






La main d'œuvre sur brocolis


Sur 20 ha, le ramassage des brocolis est manuel, avec de la main d'œuvre saisonnière (7 à 8 personnes), qui représente le tiers du coût de la culture. "J'entre sur le Pocket, la liste du personnel, le coût horaire, le temps passé. En quelques minutes, j'ai mon coût pour la parcelle, le tonnage récolté à l'heure,…", souligne Philippe. Avant, il fallait noter manuellement les heures et réaliser un tableau Excel, souvent avec retard en période de pointe de travaux. "Je peux mieux rationaliser l'organisation des chantiers".



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Mars au 2 Avril 2009
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