Dans une Bretagne souvent perçue comme une terre d’élevage, le légume industrie n’est pas le « petit poids » que l’on imagine parfois. 30 000 ha, 4 000 producteurs, 14 usines : cette production créatrice de valeur ajoutée est aussi pourvoyeuse d’emplois. Dans un contexte qui est celui du chômage galopant, fallait-il le répéter.
Phytos : 22 dérogations en 2009
Pour autant, pas toujours facile de cultiver du haricot, de l’épinard, du flageolet, etc. Si le légume industrie est un vieux routier de la traçabilité phytosanitaire, cette production n’en est pas moins confrontée à une certaine pénurie de produits homologués. « Un certain nombre de matières actives est désormais interdit », rappelle Serge Le Bartz, nouveau président de l’Uopli, avant d’indiquer que le légume industrie vit sous le régime des dérogations : « 27 en 2008 ; 22 demandes en 2009. Sachant que les dérogations arrivent souvent tard, trop tard », glisse Pierre Le Floc’h, Unilet.
Reste que les professionnels semblent un peu plus confiants sur l’avenir phytosanitaire. « Aujourd’hui, ça semble rentré dans les mœurs de ne pas abandonner des molécules s’il n’y a pas de solution de rechange », informe Alain Maurice, président de la Cecab, tout en insistant sur le fait que « les phytos, c’est comme les antibiotiques : ce n’est pas systématique ». Cette formule « doit être répétée », dit-il, sachant que, « quand on a besoin, il faut les utiliser ».
Gildas Conanec, président de Gelagri Bretagne, abonde dans ce sens en faisant remarquer que l’horizon bouché des dernières années semble s’éclaircir. « Suite à notre démarche auprès de Bruxelles, nous sommes plus confiants. L’Europe semble prête à donner un coup de main ». Et d’ajouter : « Même si l’objectif reste la division par deux des molécules épandues, on devrait être pourvu en nouvelles molécules d’ici 2018 ».
DPU et irrigation
Deuxième dossier évoqué lors de l’assemblée des producteurs bretons de légumes industrie : les DPU. Le 23 février dernier, le ministre de l’Agriculture a annoncé la mise en place d’un soutien sur les surfaces en légumes de plein champ pour remédier à une distorsion de concurrence. « Si cette demande aboutit, l’aide sera plafonnée à 100€/ha de surface historique », explique S. Le Bartz, en précisant que la profession défend le calcul de référence sur les années 2000-2001-2002, pendant que le ministère parle de références 2007.
Didier Le Du
Un marché tendu
En 2008, la météo a rendu difficile la culture de certains légumes. Avec des résultats hétérogènes selon les zones géographiques.
Côté conjoncture, les perspectives prometteuses du début de l’année 2008 ont été contrariées par la crise économique. Début 2009, le marché du légume transformé, appertisé et surgelé, s’est tendu avec des conséquences sur les prix. Aujourd’hui, les professionnels sont interrogatifs sur les perspectives 2009.