Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°9337 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 30 juillet 2010) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
OEUFS / Mise aux normes bien-être / Des choix d'investissements lourds pour l'avenir
 

Progressivement, la consommation française d'œufs se tasse avec une moyenne de 245 œufs/habitant dont 76 en ovoproduits (plus de 30 %). Sur l'année 2008, la production française a été quasiment stable. "Les cotations de 2008 ont bien démarré puis ont chuté durant l'été avant de remonter en septembre. Le début de 2009 est bon, la cotation moyenne se situant autour 6,48 euros/100 œufs sur les 10 premières semaines (calibres M+ L)", explique Jean-Marc Le Franc, responsable œufs de Coopagri Bretagne.


Faible potentiel de baisse de l'aliment


Ces cours ont été globalement insuffisants, face à la hausse importante du coût alimentaire. En 2006, le coût de l'aliment pondeuse se situait à 180 euros/t, il a amorcé une hausse en 2007 (226 euros) et surtout en 2008 (264 euros/t). Une hausse de plus de 40 %, qui n'a pas été compensée par de meilleures cotations. La conjoncture céréale s'est retournée depuis l'été dernier. Sur le premier trimestre 2009, le prix moyen de l'aliment ponte se situe autour de 230 euros/t. L'évolution du prix des céréales pour la prochaine campagne est difficile à prévoir, compte tenu de l'état actuel du marché et des stocks.
"L'aliment pondeuse n'est pas composé uniquement de céréales, il comporte une part importante de protéines, notamment le soja", souligne Hervé Talec, directeur des productions animales à Coopagri Bretagne. Trois pays, les USA, l'Argentine et le Brésil produisent 85 à 90 % du soja mondial. "La demande mondiale de protéines est forte. L'aliment a un faible potentiel de baisse dans les trois prochains mois. Au-delà, la visibilité est très faible".
Dans ce contexte, la production des adhérents de Coopagri a légèrement baissé en œufs en cage
(-1,9 %), alors qu'elle progresse de 6 % en œufs de plein air (19 % de la production totale). "Nous devons poursuivre les améliorations sur le plan technique et diversifier notre clientèle, en accompagnant la croissance du marché de l'œuf de plein air", souligne Hervé Talec,


Oeuf standard majoritaire


Œuf alternatif ou œuf standard ? Les éleveurs sont confrontés au choix. Au niveau des GMS, l'œuf alternatif est en croissance atteignant 29 % des ventes aux particuliers. Sa part pourrait encore progresser, vers 50 % d'ici 2015. "Mais les GMS ne représentent qu'un tiers des débouchés de la production française. Les deux autres tiers sont absorbés par l'industrie et la RHD", souligne le directeur d'Ovoteam. Ni l'industrie, ni la RHD ne pourront valoriser l'œuf alternatif. "Il faut accompagner l'évolution de la croissance de ce créneau, sans se détourner de l'œuf standard, qui assurera le débouché majeur de la production française".  
La mise aux normes bien être 2012, avec les cages aménagées, constitue l'enjeu des 3 prochaines années. L'investissement est lourd (de 20 à 25 euros/poule soit près d'1,5 million d'euros pour 60 000 poules). "La décision d'investissement n'est pas facile, car on a peu de visibilité", déclare André Chouan, président de la section oeufs. "La Bretagne est un bassin de production important avec des élevages familiaux dont la taille moyenne est proche de 40 000 poules. Or, la taille critique pour investir se situerait plutôt autour de 60 000 poules".


Evolution du parc


Faut-il regrouper des élevages pour faire des économies d'échelle, des gains logistiques et concurrencer ainsi les fermes de ponte de 200 000 poules, proches des lieux de consommation ? Le parc de bâtiments bretons devra évoluer à condition d'avoir plus de visibilité et les moyens financiers pour investir.   
Au sein de l'Europe, malgré un cadre législatif commun, les contextes réglementaires nationaux diffèrent sensiblement, d'où la diversité des systèmes d'élevage (voir hors-texte). Dans ce contexte, on comprend la perplexité des éleveurs, voire leur inquiétude. Les investissements de mise aux normes grèvent la compétitivité de la filière. Dans le secteur des ovoproduits, où le prix est un critère important du marché, la concurrence peut être rude avec les produits importés provenant d'autres pays où aucune norme de bien-être animal n'est appliquée. 

Patrick Bégos






Contraste Nord/Sud


Les réglementations allemande et néerlandaise prévoient l'interdiction, à terme, des cages même aménagées et n'autorisent qu'un système plus exigeant en terme de surface disponible par poule (grande cage ou mini-volière où les poules disposeraient de 800 à 900 cm2, au lieu des 750 prévus dans la réglementation). Les pays du Nord abandonnent progressivement la cage sous l'impulsion de la demande allemande et les pays du Sud et de l'Est souhaitent maintenir la cage conventionnelle car la demande en œufs alternatifs y est très limitée en raison d'un moindre pouvoir d'achat.



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 27 Mars au 2 Avril 2009
Imprimer l'article Imprimer l'article



Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 10765 depuis 1997)