
Une part importante des 9 millions de porcelets qui changent d'élevage avant l'engraissement provient d'élevages naisseurs-engraisseurs (NE), devenus excédentaires en porcelets en raison du gain de productivité des truies. Les NE doivent se défaire, par la mise en pension ou la vente, de 6 millions de porcelets, sur 24 millions sevrés. 5,8 millions de porcelets, au total, (avec les élevages naisseurs), sont vendus (surtout à 8 kg) et 3,7 millions sont confiés en façonnage (essentiellement de 30 kg).
Les groupements au centre des échanges
Avec 2,7 millions de porcelets vendus en interne entre leurs adhérents, les groupements de producteurs sont des acteurs majeurs du commerce des porcelets. Ils aident les éleveurs à fixer les prix de vente (ou la rémunération du travail à façon). Les ventes de porcelets à l'extérieur du groupement sont en recul. En Bretagne, la moitié des ventes des groupements concernent des porcelets de 30 kg.
La fixation des prix des porcelets par les groupements se fait soit en partage de marge entre naisseurs et engraisseurs (lien direct), soit en suivant le marché. Trois références sont principalement utilisées pour fixer le prix de base des porcelets, pour trois modalités : le prix indexé du porcelet (contrats de couplage), les cotations régionales (marché), le coût de revient du porcelet (prix de cession des maternités collectives à leurs associés).
Logiques de prix diverses
Le calcul du prix indexé FNP-Coop de France vise un partage équitable de la marge obtenue sur l'ensemble du processus de production entre le naissage et l'engraissement, tout en suivant le marché du porc charcutier.
En 1991, une cotation hebdomadaire du porcelet a été mise en place en concertation avec les coopératives. Elle est élaborée par le Service des Nouvelles du Marché (SNM) d'après une enquête auprès des groupements, dans 5 grandes zones (Bretagne, Sud-ouest, Sud-est, Nord-Picardie, Massif Central). Elle porte sur des prix nets payés au producteur (départ ferme, à jeun, primes incluses en général). Pour chaque zone, le poids de référence des porcelets cotés dépend des accords régionaux et des pratiques. En Bretagne, le nombre d'animaux déclarés aux cotations a très fortement reculé jusqu'en 2000, avec la disparition de nombreux naisseurs, le développement du façonnage et des relations contractuelles.
Largement dominant en France, le modèle NE doit aujourd'hui gérer d'importants excédents de porcelets. En cas de vente, leur prix bas fait pression sur le marché du porcelet et fragilise davantage les naisseurs. Dans les régions déficitaires en porcelets, les maternités collectives sont aussi un moyen pour les engraisseurs de s'assurer un approvisionnement à prix et qualité connus. D'autant que la disponibilité des porcelets issus des NE pourrait se tarir si ces derniers parviennent à construire les places d'engraissement qui leur manquent, option la plus rentable pour eux.
Source : Christine Roguet, Ifip
Légende : Largement dominant en France, le modèle NE doit aujourd'hui gérer d'importants excédents de porcelets.