
Thème souhaité par les adhérents de l'association Salers de l'Ouest, le mode de production bio a été détaillé lors de l'assemblée générale, le 19 mars à Montauban de Bretagne. Isabelle Hascoët, spécialiste bio à la Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine, a rappelé les conditions de réussite d'une conversion en agriculture biologique (AB). "Il faut tendre vers une autonomie sur le plan alimentaire. Attention donc au chargement qui en élevage allaitant pourra se situer entre 1,3 et 1,6 en fonction du potentiel du sol".
Elle explique également que le pâturage doit être utilisé au maximum avec des quantités de stocks limitées à 1,5 – 2 tonnes. "L'agriculteur doit prévoir 50 ares d'herbe pâturée par vache allaitante et optimiser ses paddocks. La gestion rigoureuse des rotations est par ailleurs essentielle pour réussir. Des légumineuses pourront être apportées dans les prairies". La conseillère rappelle que la durée de la conversion n'est pas toujours suffisante pour trouver son équilibre technique.
Sur les exploitations suivies dans le réseau de producteurs allaitants bio (plusieurs races) initié en 2000 en Bretagne, Christian Veillaux, conseiller viande bovine à la Chambre d'agriculture 35, met en exergue une amélioration des pratiques de gestion de l'herbe. "Le pâturage est conduit pour stimuler la pousse de l'herbe. Les prairies sont implantées et gérées différemment selon leur utilisation : pâturage ou stocks".
Approche technique des rations
"Renforcer l'approche technique des rations fait également partie des pistes de réussite pour le bio", ajoute Isabelle Hascoët évoquant l'équilibre des rations et l'importance de la complémentation des mères en début de lactation (par exemple, 1 ou 2 kg de céréales/jour jusqu'à l'insémination). La rigueur s'impose également dans la conduite du troupeau au travers de la sélection et de l'observation des animaux pour intervenir tôt sur le plan sanitaire… "En bio, les traitements allopathiques doivent être limités en favorisant l'immunité naturelle et les méthodes alternatives de soins".
De même, le marché est un point majeur à prendre en considération avant une conversion. "Le problème de la valorisation des mâles se pose. Il n'existe pas de débouché spécifique bio pour les broutards qui sont vendus en conventionnel", précise Christian Veillaux. "Globalement, le suivi des bios montre des résultats économiques comparables aux éleveurs conventionnels". Les différentes aides possibles (à la conversion, au maintien, crédit d'impôt…) et les dates de début de conversion sont aussi à étudier de près avant de s'engager.
Agnès Cussonneau
Légende : Jean-Louis Hervagault, président de Salers de l'Ouest, et Isabelle Hascoët, spécialiste bio à la Chambre d'agriculture 35.
10 ans de l'association
L'association Salers de l'Ouest fête ses 10 ans cette année. Elle compte plus de 80 éleveurs adhérents. La race sera à l'honneur au Space 2009 avec la présence de 90 animaux. Le concours aura lieu le mardi 15 septembre après-midi.
Exportations vers l'Algérie et la Tunisie
Laurent Antignac, de l'association Salers basée dans le Cantal, travaille sur la valorisation des broutards. Il évoque l'intérêt du nouveau marché sur l'Algérie mis en place en septembre 2008.
"7 000 animaux de 9 à 12 mois (350 à 450 kg) y ont été exportés pour être engraissés (2 500 de race Salers pure). Ce marché dynamise par ailleurs les ventes plus locales". Sur la Tunisie, un débouché se met en place actuellement. Un travail est aussi mené sur l'Ukraine et la Russie qui pourraient être intéressés par les femelles.