
Fort de ses 185 adhérents, le groupement agrobiologiste d'Ille-et-Vilaine affiche un dynamisme certain. "Le programme du développement de la bio est déjà relativement efficace dans le département et conforme aux capacités du marché à absorber les nouveaux volumes", ont noté différents intervenants à l'assemblée générale qui a eu lieu le 5 mars à Cesson-Sévigné.
Toutefois, les agriculteurs bio attendent quelques ajustements. "La demande en produits bio pour la restauration collective s'accroît, il est important que l'offre locale s'étoffe pour ce débouché, afin de resserrer les liens entre les acteurs sur un même territoire (cuisiniers, gestionnaires, agriculteurs, familles) et aussi de diminuer les transports", précisent certains.
Des élus s'engagent
"Contrairement aux idées reçues, la mise en place d'une restauration totalement bio à la cantine de Langouët nous a permis une réduction des coûts, tout en embauchant une cuisinière supplémentaire (les plats sont préparés sur place). Une partie des protéines animales a été remplacée par des protéines végétales. Et nous avons moins de gaspillage", a témoigné Daniel Cueff, maire de la commune et président de la Communauté de communes du Val d'Ille.
Face au manque de produits bio, la communauté de communes s'engage dans l'acquisition de foncier. "Nous souhaiterions aider l'installation de producteurs bio", explique Daniel Cueff. Autre élu impliqué auprès des agrobiologistes, Michel Bihan, maire de Cesson-Sévigné, a mis en place un marché bio depuis quelques mois sur sa commune et travaille désormais à la restauration collective bio.
Partenariats avec l'enseignement et au niveau local
Les producteurs soulignent également l'intérêt de renforcer certains partenariats, notamment auprès de l'enseignement qui permet de diffuser les techniques, ou des acteurs du développement économique local dans le but de stabiliser des filières de proximité et équitables. Les bios souhaitent par ailleurs faciliter l’installation de jeunes. "Sur les 190 dossiers suivis en 2008 par AgroBio 35, 68% concernaient des personnes non issues du milieu agricole. C'est une aubaine pour l’agriculture en général et pour la bio en particulier. A noter par ailleurs que 80% des 190 projets s'inscrivent dans des circuits courts", déclarent les responsables d'AgroBio 35.
Plus généralement, les liens entre les producteurs représentent un objectif fondamental du groupement depuis 20 ans. Plus de 90% des agriculteurs bio actuels sont d’anciens agriculteurs "conventionnels". "Les bio en place continueront de mettre leurs connaissances et compétences à disposition des agriculteurs en conversion au sein de leur groupement bio départemental". Ils se montrent par ailleurs attachés à la mise en place d’une marque privée nationale qui devrait voir le jour en 2009. "Elle permettra à tous les bio d'avoir une marge de progrès supplémentaire dans leurs pratiques. Et il faut maintenir la bio dans sa situation d’agriculture exemplaire", déclarent-ils.
Agnès Cussonneau
Photo : Les administrateurs d'AgroBio 35 souhaitent développer l'offre bio en restauration collective et développer les partenariats en local.
Quelques actions d'AgroBio 35
• La cinquième "Fête du lait Bio" aura lieu le 7 juin cette année. En 2008, 2500 visiteurs se sont déplacés sur 10 fermes. 50 producteurs se sont mobilisés.
• La recherche technique pour l'approvisionnement des nouvelles filières se poursuit : orge brassicole, avoine nue…
• Le désherbage alterné est un exemple de collaboration des bio avec les producteurs conventionnels. En 2008, quinze agriculteurs ont été suivis par le Gab pour substituer une ou deux applications de désherbant par un passage d'outil mécanique. Sur les quatre ans du programme, 25% des 500 ha suivis ont été conduits en 100% mécanique.