
Une cinquantaine de génisses, issues des meilleures lignées, seront génotypées en 2009". Selon Olivier Catros, de l'Upra Pie rouge des Plaines, l'objectif de cette action est d'augmenter la précision de la sélection par la voie femelle. "Les index génomiques nous permettront, par exemple, de choisir entre plusieurs sœurs, issues de transplantation, les futures mères à taureaux. Celles sur lesquelles il faudra porter l'effort de sélection en ciblant, au mieux, les accouplements". Tous les taureaux de testage sont déjà génotypés. Les jeunes taureaux entrant en station le seront également. Le coût de l'analyse du génome est de 250 euros par animal, soit 25 000 euros environ pour le programme de sélection Pie Rouge.
Le glas du testage
La lecture du génome de l'animal permet de connaître son potentiel sur les critères de production, de morphologie et des fonctionnels (fertilité, cellules…). Une prise de sang ou de poils, à la naissance, suffit à l'analyse. 54 000 marqueurs génétiques permettent aujourd'hui de repérer des zones influentes de l'ADN. Les index génomiques actuels ont une fiabilité qui correspond à un coefficient de détermination (CD) de 0,5 (l'équivalent d'une quinzaine de filles de testage fraîchement vêlées). "Il y aura bientôt beaucoup plus de marqueurs identifiés sur le génome. On peut raisonnablement penser que les taureaux nés en 2009-2010 auront un index génomique avec un coefficient de détermination de 0,8, soit la fiabilité du testage actuel sur descendance". La fin du testage, alors? "Le facteur limitant pourrait bien être la conversion en index de cette somme de marqueurs (ou zones d'influence, appelées aussi QTL), dont le nombre atteindra 300 000 rapidement".
En production laitière, l'intérêt de la réduction de l'intervalle de génération est évident. "Les index d'un jeune mâle de 18 mois (en début de production de semence) seront aussi fiables que ceux d'un taureau de six ans testé sur descendance". Une petite révolution qui permettra aux éleveurs d'utiliser des jeunes taureaux. Les plus réticents ou les plus prudents pourront toujours attendre la sortie des index calculés sur la production des premières filles.
Le gène "sans corne" dans la mire
Le programme Pie Rouge a, par ailleurs, l'ambition de travailler sur le gène sans corne. Un gène dominant, présent naturellement dans la population rouge, qui pourrait donner un petit avantage à la race. "Sur la cinquantaine de génisses élite, ciblée, quelques unes sont sans cornes. Le génotypage nous permettra de savoir, d'une part, si elles ont un bon potentiel de production et, d'autre part, si elles sont homozygotes ou hétérozygotes (pour le gène sans cornes)", avance René Nicolas, administrateur à Génoé. L'objectif avoué étant de sortir des taureaux homozygotes de haute valeur génétique. La génomique pourrait se révéler bien utile pour atteindre rapidement cet objectif.
Bernard Laurent
Photo : La Pie Rouge des Plaines fait partie du noyau pie rouge du Nord de l’Europe qui représente 580 000 vaches contrôlées.