
Dans un contexte de baisse de la production française, le Gaevol n'a pas échappé, comme les autres groupements de volailles, aux difficultés de l'année 2008. "Avec près de 700 000 m2 de poulailler, dont 80 % en Bretagne, nous constatons une érosion moyenne de 5 % de notre parc. La priorité est donnée à l'installation des jeunes", précise Stéphane Dahirel, président du Gaevol.
Baisse de la consommation
La production française de dinde a baissé de 8 à 10 % en 2008. "Nous avons réussi à stabiliser notre volume", souligne Emmanuel Collet, directeur de RVE. "Le maintien de la compétitivité et la nécessité de différenciation sont deux défis que nous devons relever tous les jours, en proposant notamment des produits innovants par rapport au filet de volaille brésilien".
"Pour toutes les viandes, la consommation a baissé en 2008. Ce qui nous a amené à réduire le tonnage de poulet" confirme Paul Lopez, directeur des deux abattoirs Boscher et Keranna. "Nous vivons une pression sur les prix. En 2008, l'écart entre les prix brésiliens et européens a été encore plus élevé qu'en 2007, pour des raisons de coût de matières premières, de rémunération, de dévaluation du réal".
Au sein de l'Europe, la France a aussi perdu de la compétitivité par rapport aux autres pays, pour des raisons économiques et sociales. "Malgré tout, je suis convaincu qu'à terme, on manquera d'éleveurs et de salariés pour approvisionner nos clients solvables", déclare Paul Lopez. Il est persuadé que les atouts de la viande de volaille, au niveau diététique, praticité et coût, vont devenir de plus en plus incontournables.
De nouvelles attentes
Les clients deviennent de plus en plus exigeants et formulent de nouvelles demandes, par exemple, en lien avec le Grenelle de l'Environnement. "Après le bon à manger, le bon à penser, le bon pour la santé, nous voilà sur la voie de développement durable", souligne Christelle Le Maout, responsable qualité. Le groupe Glon a engagé depuis 2 ans, une réflexion sur ce thème, en déclinant les engagements sociaux, sociétaux, économiques et environnementaux, concrets pris au quotidien par sa filière volaille.
"Nous avons listé et chiffré les conséquences liées à la conduite d'un lot de volaille, en consommation d'eau, en production de CO2 ou de gaz à effet de serre", précise Antoine Leneupveu. L'analyse a permis de passer en revue tous les postes du cycle de vie d'une volaille : production de céréales, usine d'aliment, élevage, outil d'aval… tout ce travail s'est concrétisé dans la démarche Fermavol "développement durable".
L'impact de l'élevage des volailles semble faible (voir hors-texte) et des progrès ont ont déjà été réalisés. "En 10 ans, nous avons réduit l'impact sur la planète de 15 % pour la même production de viande, par l'alourdissement des animaux, amélioration de l'IC, par le changement des pipettes, par les économies d'énergie", souligne Stéphane Dahirel.
Certification "développement durable"
D'autres progrès restent encore à faire au niveau des cultures, de la conduite d'élevage et de la valorisation des effluents, de la consommation d'eau. Les solutions existent, par exemple les échangeurs de chaleur et des démarches de progrès ont été lancées. Le Gaevol a obtenu la certification Avicert pour sa démarche Fermavol qui prend en compte le développement durable.
"Pour permettre aux aviculteurs de relever ces défis, il nous faut des rémunérations motivantes, permettant de réinvestir dans les outils de production afin de les maintenir performants", rappelle Stéphane Dahirel. Certaines contraintes réglementaires handicapent également la compétitivité sans apporter d'amélioration en matière de sécurité sanitaire ou environnementale. "Produire plus et mieux avec moins, c'est possible, en valorisant parallèlement le travail des éleveurs sans rajouter de contraintes supplémentaires".
Patrick Bégos
Photo : Au nom du Gaevol, Stéphane Dahirel, président, a reçu la certification Avicert pour la démarche "Fermavol développement durable".