
Qui gère les coopératives ?". La première question de la salle donne le ton du débat des JA avec des représentants du syndicalisme, des coopératives, de la banque et des élus locaux, invités à s'exprimer, lors de l'assemblée générale, sur les attentes des jeunes. Cette question n'est pas nouvelle mais elle exprime bien le malaise actuel des agriculteurs, impuissants face aux aléas des marchés. "Sur la fixation des prix des produits, nous sommes dépendants du marché", déclare Michel Guernevez, de la Cecab. "Concernant la gestion des coopératives, le rôle des administrateurs est d'effectuer les choix stratégiques. Nous ne gérons pas le quotidien. Nous intervenons sur l'affectation des ressources".
La volonté du syndicat majoritaire de créer une nouvelle organisation des producteurs et des filières a valu une petite passe d'armes. "Les organisations professionnelles existent depuis longtemps", affirme Michel Guernevez. "De là à dire qu'elles fonctionnent…" rétorque Laurent Kerlir, prenant en exemple la production porcine, dont les prix sont trop bas en raison d'un manque de gestion collective de l'offre. "Pour une bonne efficacité, la mise en marché devrait être gérée au niveau européen", poursuit Michel Guernevez. Plus facile à dire qu'à faire, en effet. "La production cunicole française a volontairement baissé son volume de production pour un bien piètre résultat". Alors des prix et des volumes garantis pour les JA dans les premières années après l'installation, quelles que soient les fluctuations des demandes? "Un contrat de prix garanti est envisageable", répond Laurent Kerlir. "À condition que la contractualisation soit collective et non pas individuelle". L'exemple de la filière œufs, où certains jeunes installés ont bénéficié d'une garantie de prix sur la totalité du volume produit, est difficile à étendre à l'ensemble des productions. "On ne pourra quand même pas tout garantir", conclu le président de la FDSEA.
Gel temporaire du remboursement des annuités
En ces temps de crise, l'accompagnement financier est également un enjeu pour les jeunes agriculteurs. Les banques ont fait des efforts en accordant des pauses dans le remboursement des annuités, "Jusqu'à 12 mois", précise Olivier Houssaye, du Crédit Agricole. "Concernant le foncier, il est envisageable de proposer des durées de remboursement plus longues, au-delà de 20 ans". Pas du goût de l'ensemble des participants dans la salle. Dominique Balac, éleveur laitier à Saint-Dolay: "Moins il y a de lisibilité sur l'avenir, plus les remboursements devraient être rapides". Le coût des reprises est pointé du doigt. Valeur économique pour les jeunes, valeur patrimoniale pour les cédants. Vaste débat… Pour le représentant des coopératives, l'accompagnement financier est du rôle des banques. "Celui des coopératives existe mais doit se limiter à des interventions ponctuelles". Le suivi des installations fait partie des demandes des JA. Le modèle expérimenté dans certains départements, avec une visite au bout de six mois, une seconde après la première sortie du bilan comptable et une troisième, dans les trois ans, pourrait se mettre en place. Reste à savoir avec quels partenaires et avec quel financement.
Bernard Laurent
Photo : Une assistance nombreuse a assisté à l'assemblée générale, jeudi 5 mars, à Saint-Allouestre
Membres du nouveau bureau des JA
•Président, Nicolas Chesnin, Nivillac, production laitière
•Secrétaire Général, Frédéric Daniel, Limerzel, Lait + porc
•1er Vice-Président, Jean-Jacques Michard, Rohan, Lait
•2ème Vice-Président, Pierre-Yves Garaud, Guéhenno, Porc
•3ème Vice-Président, Rachel Guiquerro, Questembert, Lait
•Trésorier, Jérôme Couedic, Saint Abraham, Porc
•Membre, Pierre-Yves Le Bozec, Lanester, Lait
•Membre, Simon Le Badezet, Pluméliau, Lait + porc