Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°9298 |
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Finistère (29)
Installation / Pas d’agriculture sans renouvellement - Donner un coup de pouce aux jeunes pousses
 

Qu’il semble loin le rêve des Jeunes Agriculteurs des années 90. L’objectif d’une installation pour deux départs s’est progressivement éclipsé au profit d’une autre réalité : le Finistère enregistre une installation pour quatre départs. Et, fait inédit, la courbe descendante du nombre d’agriculteurs vient de croiser celle ascendante du nombre de salariés agricoles. Rien ne semble plus pouvoir empêcher le département de glisser vers le seuil symbolique des 5 000 agriculteurs dits professionnels.


Des jeunes motivés


Pourtant la motivation pour devenir agriculteur ne semble pas écornée, comme l’ont montré des jeunes du Nivot, de la Maison familiale de Pleyben et du Centre de Saint-Ségal, lors de l’assemblée du comité de développement du Pays de Châteaulin. Les messages « d’hypermotivation » pour le métier se sont succédé de la part de ces jeunes. Un engouement immédiatement suivi d’interrogations, liées au coût des reprises, à la rentabilité des projets, au type d’installation envisageable…
En toute vraisemblance, c’est sur ces questions financières que bute en premier lieu une partie des 345 porteurs de projets qui frappent annuellement auprès des conseillers installation de la Chambre d’agriculture du Finistère. 140 sont allés jusqu’au bout du parcours aidé en 2008. Auxquels il convient d’ajouter une soixantaine de jeunes (et moins jeunes) qui franchissent le cap de l'installation sans percevoir la moindre aide.


Trouver des solutions de financement


« Le lait reste la production phare de l’installation. Plus d’un nouvel installé sur 2 (54 %) opte pour cette production, alors que le porc ne représente que 6 % », note Bernard Goalec, responsable territoire Centre-Finistère. Au-delà du fait que le Finistère est d’abord un département laitier dans les faits et les têtes, il faut sans doute y chercher un lien avec le coût de reprise : 229 000 € pour un quota de 330 000 litres ; 804 000 € pour un atelier de 250 truies. (Hors foncier).
L’argent. Il est bien là le premier nerf de l’installation. Sans parler de la rentabilité de l’investissement, estimée à 0,02 % sur 5 ans en lait ; le porc faisant nettement mieux : 6,2 % sur 5 ans. Avec cette nuance, puisque le quart supérieur laitier affiche une performance de 6,3 % et le porc de 13,8 %.
Au-delà du prix de la reprise et de la rentabilité de l’investissement, l’autofinancement constitue la première barrière à franchir pour un jeune. Les banques exigeant un apport personnel à hauteur de 20 %. Capitaux que ne disposent pas, loin s’en faut, tous les jeunes. D’où la recherche de solutions innovantes que la profession essaie d’imaginer « en s’inspirant des modèles utilisés par les CCI, les Chambres de métiers, etc. », a expliqué Michel Adam, membre de la Chambre d'agriculture en charge de la formation.


Ouvrir les yeux sur le monde


Pour résoudre l’équation financière, la forme sociétaire apparaît souvent – dans deux tiers des cas – comme la solution privilégiée pour concrétiser l’installation. Avec les risques que comporte l’association, comme a témoigné un jeune agriculteur qui a vécu un échec dans le domaine. Et de délivrer ce conseil de prudence : « Il faut réfléchir à deux fois avant de se lancer dans un tel projet ».
Aller voir ailleurs avant de se lancer, c’est aussi le conseil de Jean-Hervé Caugant, président du comité de développement de Châteaulin. « Les jeunes qui vont à l’étranger s’étonnent souvent des modèles agricoles multiples qui existent à travers le monde », dit-il. Illustration que le modèle breton, tel qu’on le perçoit, n’est pas universel.
Cela, sans doute, trop peu de jeunes qui s’installent ont le temps de le découvrir. Pour preuve, plus d’un jeune sur 3 s’installe avant 25 ans. À moins que ce ne soient leurs parents ou aujourd’hui des associés de sociétés qui ne les installent…. Si tel est le cas, ils ont certainement leurs raisons.

Didier Le Du


Photo :Les jeunes des écoles d’agriculture ont séduit les agriculteurs par leur motivation. À la profession de la faire fructifier.





40 % de projets de diversification

En 2008, 39 % des porteurs de projet envisageaient de s’installer dans une production dite de diversification (maraîchage, apiculture, cidre, chèvre, etc.). Au-delà de la viabilité économique du projet, ces candidats à l’installation sont souvent confrontés au problème du foncier. Autrement dit, la petite ferme d’une dizaine d’hectares ou moins se fait rare sur le marché. L’augmentation des départs va-t-elle apporter une réponse à ce problème ? Ce que l’on sait, c’est que 353 agriculteurs quitteront l’agriculture chaque année de 2013 à 2016 et qu’ils seront 419 en moyenne annuelle à prendre leur retraite de 2017 à 2019.
L’observation des chiffres de l’installation réserve aussi son lot de surprises : 10 % des candidats ont plus de 40 ans et 42 % n’ont pas de diplôme agricole.



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Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Mars 2009
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