
L’ambiance économique générale délétère se manifeste également auprès des adhérents. « Notre principal souci, déclare le président Patrick Garel, réside dans le peu de visibilité sur l’ avenir proche et à moyen terme. Nos clients naviguent à vue comme nous. Cela se répercute sur nos projets. »
Parmi les préoccupations de l’année 2008, les hausses du prix de l’énergie et notamment les produits pétroliers qui ont eu des répercussions importantes sur les coûts directs. Si une grande majorité a réussi à répercuter en partie ces hausses, ceux qui n’ont pas pu ou su le faire se sont mis dans des situations délicates. Les difficultés rencontrées par leurs clients agriculteurs n’ont rien fait pour arranger la situation. « Mais, cette année a au moins eu le mérite de faire comprendre à la majorité qu’il faut répercuter les coûts des charges auprès des clients, même si le message n’est pas toujours facile à faire passer ». Les saisons difficiles de moisson et d’ensilages ont eu des répercussions importantes sur la gestion sociale des entreprises et en particulier l’organisation du travail. Pas simple dans ces conditions d’appliquer à la lettre les règles de la convention.
D’abord, bien gérer
De quoi sera fait l’avenir immédiat ? Les entrepreneurs regardent l’horizon avec beaucoup d’interrogations. Difficultés de trésorerie des clients, resserrage des crédits consentis par les banquiers, visibilité des évolutions des productions. Autant de critères qui ne permettent pas de se réjouir. Que faire face à ces situations ? « Avant de baisser les bras, le moment est venu de revoir ses stratégies, précise le président Garel. Bien gérer son entreprise c’est réaliser ses facturations en temps et en heure et assurer un suivi des encaissements. Les investissements doivent être revus. Investir ! oui. Mais avec une assurance d’avoir les marchés permettant les rentrées équivalentes. » Il ajoute également la possibilité de revoir les modes de financement des équipements. Et pourquoi pas les locations ?
La taxe professionnelle, sujet brûlant pour la profession des ETARF, redevient d’actualité avec la perspective de sa suppression. Si tous les participants se réjouissent de cette annonce, ils n’en demeurent pas moins très prudents et vigilants. « Il faut regarder de très près les compensations fiscales qui seront octroyées aux collectivités locales et territoriales en compensation de cette suppression totale ou partielle ». Et de conclure : « à quelle sauce seront nous mangés ? » L’assemblée a décidé de suivre ce dossier avec beaucoup de circonspection.
Photo : Les responsables du syndicat lors de l’assemblée générale samedi à Saint-Brieuc