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Maternité collective / À Trébrivan, l’enquête publique est close - Colère de la Confédération Paysanne
 

Le projet de maternité collective  avait focalisé une opposition forte au cours de l’année 2008, au point que les 5 éleveurs, porteurs du projet, situés plus au nord du département avaient décidé de retirer le dossier en août 2008.
Un nouveau dossier a été présenté en janvier sur de nouvelles bases, non pas sur l’atelier lui-même qui reste toujours de même importance, un millier de truies, mais sur l’approche foncière pour l’épandage du lisier. « Le plan d’épandage a augmenté d’une centaine d’hectares, passant de 100 à 200 hectares sur les deux cantons de Maël-Carhaix et Rostrenen », s’insurge les responsables de la Confédération Paysanne qui viennent de déposer leur contribution à l’enquête publique. Elle vient de se clore mercredi dernier.


La norme phosphore


En fait ce nouveau dossier a intégré dans son plan d’épandage les contraintes liées aux normes phosphore qui fixent dans l’équilibre fertilisation un plafond à 75 kg par ha et par an (tolérance actuelle 100 kg). Le phosphore est effectivement le nouveau facteur limitant des plans d’épandage. Il a été établi que l'application de l’arrêté date du 7 février 2005,  va contraindre les éleveurs de porcs à disposer de 30 % de plans d’épandage en plus, et les aviculteurs de 70 % en plus. Les éleveurs de bovins sont moins concernés. « La signature du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) fin 2009 va obliger tous les agriculteurs à intégrer ces nouvelles normes dans l’équilibre de la fertilisation. Dès lors tous les plans d’épandages sont remis en cause », explique Thierry Thomas, porte-parole de la Confédération Paysanne 22.
Pour la Confédération, dans le dossier  de Trébrivan, « il ne s’agit ni plus ni moins que d’une prise en otage de tous les éleveurs des deux cantons concernés qui pour la plupart ignorent encore cette réglementation à laquelle ils devront pourtant à un moment ou à un autre se conformer ». Et Thierry Thomas rajoute, « l’objectif n’est pas de mettre la pagaille dans les campagnes, mais il faut au moins que tous les agriculteurs soient sur le même pied d’égalité ». Refusant donc la stratégie du premier arrivé, premier servi.


50 km pour un sac d’ammonitrate


Pour autant ils se  défendent d’être en opposition systématique au projet de Trébrivan, même si l’implication de plusieurs opérateurs économiques d’un même groupe leur pose problème pour l’avenir. « Cette conception de l’élevage porcin n’est pas celle de la Confédération Paysanne ». Par contre, ils sont fermes « si ce projet de dimension industrielle doit voir le jour, qu’ils adoptent un procédé de traitement industriel des déjections. Et pas question de laisser spolier 200 hectares de terres qui pourraient convenir à d’autres éleveurs en place ou à des jeunes qui voudraient s’installer ».
La Confédération note aussi quelques incohérences, y compris économiques dans ce dossier. « Un plan d’épandage avec des terres situées pour les plus éloignées à 25 km, est-ce vraiment raisonnable, surtout pour transporter des effluents peu chargés », s’interroge Jean-Marc Thomas, secrétaire de la Confédération 22. « Faire 50 km pour transporter avec une tonne de 20 000 litres, l’équivalent d’un sac d’ammonitrate, ce n’est pas très économique, ni écologique. On est loin du développement durable », ironise agacé Jean Cabaret, porte-parole régional.
Quant à la création d’emplois, elle est toute relative, selon Jean Cabaret. « Il y aurait effectivement 4 emplois sur Trébrivan, mais si on y regarde de plus près au global en y intégrant les 5 élevages, le solde est négatif, puisque l’on passe de 14 à 12 ».

Pierre Dénès


Photo : Thierry Thomas, au centre, entre Jean Cabaret (à gauche ) et Jean-Marc Thomas, symbolise la remise du mémoire de la Confédération Paysanne.


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Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Mars 2009
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