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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°9286 |
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Lait / La maîtrise des coûts reste la voie prioritaire - Les indicateurs qui comptent
 

L’année 2008 restera-t-elle une année exceptionnelle pour les producteurs de lait ? L’embellie ne se confirmera pas en 2009. Est-ce un simple retour vers le passé ou entrons-nous dans une nouvelle ère où la volatilité plane sur le triptyque  « prix, volume, charge » ? Pour garder le cap et préserver le revenu disponible, intéressons-nous aux indicateurs à suivre pour gérer efficacement son exploitation.


Une évolution maîtrisée


Sur la décennie écoulée, c’est principalement le levier de la maîtrise des charges que les producteurs ont actionné. Entre 1997 et 2007, le coût alimentaire baisse de 10 €/1000 litres (*), mais il reste très dépendant de la technicité de l’éleveur. Cela ne compense pourtant pas  l’augmentation régulière des charges de structure : + 30 €/1000 litres.
Au niveau de l’exploitation, le producteur n’avait pas la main sur le couple volume/prix. Cela n’a pas empêché certaines évolutions. La restructuration et la gestion administrative des droits à produire se solde par une augmentation des volumes vendus de 60.000 litres par exploitation. Après un point haut en 2001 à 329 €/1000 litres, le prix du lait, fixé dans le cadre interprofessionnel, connaît une érosion progressive presque totalement compensée par l’Aide Directe Laitière.


2008 : la rupture


L’année 2008 vient bousculer cette évolution. Les volumes produits augmentent de 10 à 12 %. Le prix du lait fait un bond de plus de 70 €/1000 litres (variable selon les dates de clôture). Le coût de production approche les 280 €/1000 litres (+ 5 € de hausse par 1000 litres, notamment en raison des intrants plus onéreux). Par contre, l’analyse montre que l’effet volume a permis de réduire sensiblement les charges de structure de l’ordre de 6 à 7 € /1000 litres. Dans le même temps, les producteurs ont consenti un effort d’investissement : + 8000 €/exploitation, notamment en mécanisation. Cela se traduira par des annuités supplémentaires de 4 à 5 €/1000 litres sur les prochains exercices.

CER France Côtes d’Armor
D’après analyse réalisée par Guy Chollet, Chambre d’agriculture 22
(*) études de groupe CER France Côtes d’Armor.






Nos conseils pour voir plus loin


Pouvoir répondre au marché
La ferme laitière bretonne a su s’adapter rapidement au contexte de 2008 en mobilisant son potentiel technique. C’est plutôt de bonne augure, à l’heure où l’on commence à parler de nouveaux modes de contractualisation des relations avec les industriels pour sortir progressivement des quotas laitiers. Les producteurs devront faire preuve de réactivité pour saisir les opportunités, et honorer le cas échéant leur contrat. Cela permettra ainsi à toute la filière d’être en phase avec les besoins de consommation et d’éviter les retours négatifs sur le prix du lait induits par un décalage entre l’offre et la demande. Cela peut également amener quelques producteurs à s’orienter vers des créneaux différenciés, comme le bio par exemple.

Garder un œil sur les coûts de production
La maîtrise des coûts de production reste la voie prioritaire d’élaboration du revenu disponible. D’abord, parce que le  potentiel de progrès existe encore dans beaucoup d’exploitations. Pour ne citer que le coût alimentaire, CER FRANCE Bretagne observe en 2008 une moyenne de 75 €/1000 L. Mais elle cache un écart de 20 €/1000 L entre le quart économe et le quart dépensier, ce qui représente 6 000 € pour l’exploitation moyenne. Ensuite, parce que les producteurs connaissant leur coût de production seront à même de raisonner l’intérêt économique d’un contrat sur un volume à produire.

Préserver les capacités financières
À l’issue de la période favorable vécue en 2008, des possibilités d’investissement se font jour. Il faudra privilégier ce qui est de nature à améliorer l’efficacité du travail et à permettre une plus grande capacité à évoluer. Il faudra veiller en particulier à conserver un niveau d’annuités/1000 L de lait cohérent, c’est-à-dire ménageant une marge de sécurité suffisante pour consolider la trésorerie.



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Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Mars 2009
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