
"Je pense qu’il faut tenir le langage de la vérité. Il faut déjà arrêter d’opposer les méthodes alternatives et les méthodes curatives. Nous avons besoin des unes et des autres. Faisons l’analogie avec le slogan sur les médicaments: « Les antibiotiques, c’est pas automatique ». Les impasses techniques ne sont-elles pas un véritable problème ? Si, mais d’abord pas toujours, et ensuite il faut arrêter de leurrer les producteurs en leur faisant croire qu’ils obtiendront toutes les dérogations de la terre. On n’obtient une dérogation (pour utiliser des molécules interdites -ndlr) que quand on apporte la preuve que l’on ne peut pas faire de production sans la molécule incriminée. Dans ce cas, c’est aux pouvoirs publics d’assumer. Mon rôle n’est pas de faire de la politique, mais dès lors qu’une décision politique conduit à l’im- passe, je demande alors aux hommes politiques d’assumer leur choix. Si l’on n’a pas d’alternative à l’interdiction, on prend contact avec la DGAL (la Direction de l’alimentation du ministère de l’Agriculture) et le ministre. Nous avons fait 30 demandes de dérogations. Les dérogations sont écrites. Il reste au ministre à les signer. Certains dans nos rangs disent que nous nous trompons de combat. Je cherche à les détromper. Car qu’on le veuille ou non, nous devons être en phase avec les attentes des consommateurs."
Angélique Delahaye, Présidente de Producteurs de Légumes de France