
Forts de l'augmentation des effectifs dans l'Ouest (3 700 vaches au contrôle laitier en race pure aujourd'hui, contre 500 il y a 10 ans), les éleveurs de Brune ont mis l'accent sur l'adaptation de la race à divers systèmes d'exploitation lors de l'assemblée générale de la FBO (Fédération Brune Ouest), le 3 mars à Noyal-Châtillon sur Seiche (35).
Pour Michel Lepage, installé à proximité de Laval, la Brune valorise bien le système herbager autonome mis en place sur l'exploitation. "Avec leurs membres et pieds solides, les vaches sont faciles à mener en pâturage", précise le producteur qui affiche un coût alimentaire de 47 euros/1 000 L (dont 27 euros de concentrés). Il ajoute deux qualités à la race Brune : la facilité des vêlages et la longévité. "Certaines de mes vaches ont 11 ans".
Manque de génisses
Comme l'ensemble des éleveurs présents, il regrette le manque de génisses dans la race. Disponible actuellement sur trois taureaux, la semence sexée fait partie des solutions (qui restent coûteuses). Le nombre de taureaux sexés devrait s'accroître car les Suisses s'y investissent.
Gabriel Jollé de Plabennec (29) gère un troupeau de 25 vaches, dont 7 Brunes en race pure et 16 croisées Prim'Holstein-Brune. L'absorption depuis plusieurs années lui a permis de réduire les coûts de production dans un système de vêlages groupés (âge au vêlage de 25 mois). Les concentrés ont par exemple été limités à 335 kg/VL et par an. Sur 2008, la production dépasse 7 000 kg à 43,5 de TB et 33,4 de TP.
Après un épisode ESB en 2003, Dominique Clouet installé à Saffré (44) a acheté des Brunes en Allemagne et en France, visant le maintien d'une forte production couplée à un bon TP. Pari gagné avec une moyenne d'étable de 8 220 kg en 2008, à 35,8 de TP (42,3 de TB).
Même si cela ne remet pas en cause le chiffre d'affaires permis par la Brune grâce à la valorisation du lait, les éleveurs ont montré leur mécontentement face aux faibles prix de vente des veaux mâles. "Leur élevage n'est pourtant pas plus compliqué que dans les autres races". Pour le prouver scientifiquement, les responsables de la FBO réfléchissent à l'opportunité de mettre en place une expérimentation à l'Institut de l'élevage. "Cela permettrait de mieux communiquer ensuite sur ce thème", évoque Armel Lebeau, président de la FBO.
Dans son témoignage, Dominique Clouet a montré son intérêt pour l'élevage des mâles Bruns en bœufs ou veaux de boucherie. "Les bœufs sont vendus à 30-32 mois avec un poids de 400 kg en moyenne. Nous commercialisons en direct les veaux de boucherie, en caissettes". Un excellent débouché aux yeux de l'éleveur.
Agnès Cussonneau
Photo : Armel Lebeau, Président de la FBO