
La campagne de vaccination contre les virus de la FCO – sérotype 1 et sérotype 8- est en cours. Pourtant quelques voix s’élèvent encore pour douter de l’efficacité, voire de l’opportunité de cette vaccination. Un discours que ne sont pas prêtes d’entendre les instances sanitaires. Une stratégie consistant à laisser penser aux éleveurs que l’on peut ou que l’on est condamné à vivre les virus est totalement rejetée.
Car en 2008-2009, l’Est de la Bretagne a été largement affecté par le virus du sérotype 8, et plus à l’Ouest par quelques cas du sérotype 1. Plus inquiétant l’élevage breton n’est pas à l’abri de voir débarquer d’autres sérotypes, comme le 6 ou le 11 déjà présents au Nord de l’Europe (Pays-Bas, Belgique, Allemagne).
L’objectif est donc de se protéger contre les deux premiers virus présents (BTV 8 et BTV 1) et ensuite de mettre en place une stratégie capable de maîtriser rapidement la situation quel que soit le sérotype.
Le temps presse
C’est dans ce contexte qu’après avoir pris l’avis des experts notamment de l’Afssa (Association française de sécurité sanitaire des aliments), le Comité FCO Bretagne a décidé de proposer un programme d’actions rigoureuses et coordonnées.
D’abord vacciner. « La vaccination, c’est actuellement le seul rempart contre l’extension de la maladie. Nous sommes engagés dans une course de vitesse », souligne avec insistance Philippe Vannier, directeur de la santé animale à l’Afssa. Il plaide pour une stratégie de vaccination rapide et forte qui permette d’établir un bouclier vaccinal. « L’objectif est 90 % d’animaux vaccinés ».
Concrètement le programme breton s’est fixé une première urgence, la maîtrise renforcée du BTV1, en établissant un anneau de vaccination dans un rayon de 20 km autour des foyers identifié en 2008 pour bloquer la diffusion de l’infection lors de la reprise de l’activité vectorielle. Puis accélérer la vaccination, en démarrant par l’Est des foyers (BTV1) et faire en sorte qu’il ne subsiste pas d’îlots d’animaux non-vaccinés (voir hors-texte). Et enfin assurer un contrôle strict des introductions. Une enquête va notamment être menée sur les pratiques des abatteurs, négociants et herbagers et les respects des délais lors des abattages.
Action méthodique
Mais contenir les virus ne suffit pas. Ce programme vise aussi à établir une stratégie face à l’éventualité de la mise en évidence d’un nouveau foyer. La procédure proposée consiste d’abord à identifier précisément le virus. « Actuellement si ce n’est pas du 1, on le classe par défaut en 8. Ce n’est pas satisfaisant », note Patrick Le Provost, directeur de l’UBGDS qui rappelle que les mouvements d’animaux sont nombreux. L’arrivée d’autres sérotypes ne peut être exclue.
Puis devrait s’enchaîner l’isolement du ou des animaux, la désinsectisation, l’enquête sur les mouvements, l’action dite de voisinage (contrôle par prise de sang, vaccination des animaux …). Pour les animaux d’un foyer infecté qui serait découvert il est envisagé après de nouveaux contrôles l’abattage des animaux infectés, surtout s’il s’agit d’animaux bien tracés, nouvellement introduits.
Au final, ce programme est aussi un pari pour les instances sanitaires régionales. Elles considèrent que la gestion du dossier FCO n’a pas été totalement satisfaisante depuis le départ. « La démarche se veut plus collective et plus réactive. Et doit servir de référence pour le reste de la France », conclut Jean-François Tréguer, président de l’UBGDS.
Pierre Dénès
Photo :Christine Fabry, de la DRAF, Jean-François Tréguer, président de l’UBGDS, Philippe Vannier, directeur de la santé animale à l’Afssa, Patrick Le Provost, directeur de l’UBGDS.
Vacciner, c’est obligatoire
Il n’y aurait aujourd’hui aucun obstacle à ce que la vaccination s’opère dans les délais prévus, c’est-à-dire avant la fin avril. « Les vaccins sont disponibles en quantités suffisantes pour répondre à la demande des vétérinaires », assure Jean-François Tréguer, président de l’UBGDS. Les instances sanitaires insistent sur le fait que cette vaccination est obligatoire, y compris pour les éleveurs en agrobiologie. « Les éleveurs récalcitrants vont être relancés ». Un refus pourrait aboutir à des poursuites pénales.