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Finistère (29)
Lait / À l'assemblée générale d'Holstein Finistère - La génomique au cœur des débats
 

C'est sans difficulté que l'association Holstein Finistère a trouvé le thème de son assemblée générale 2009, jeudi 19 à Saint-Ségal : la sélection génomique, qui permet de connaître la valeur génétique des animaux par analyse d'ADN et non plus en ayant recours au testage, est en effet partout, au cœur des discussions. Car elle n'est pas pour demain, elle est pour aujourd'hui. D'où de nombreuses et bien légitimes questions des éleveurs, listées lors de l'AG par Jean-François Saluden, trésorier de l'association, à Marc Bolard, de Créavia, Jean-Yves Dréau d'Amélis, et Jacques Chesnais de Semex France. De passage en France, ce dernier a pu témoigner du fonctionnement de la sélection au Canada, pays déjà entré de plain-pied dans l'aire de la génomique.


Échéances proches


Côté français, les changements sont dans les tuyaux. "Dès avril - mai, nous utiliserons des taureaux génotypés de seconde génération. Ils viendront compléter nos listes de pères à taureaux, indique Marc Bolard. Pour septembre 2009, nous regardons comment faire évoluer la diffusion du testage. Les choses restent à affiner." Mais le responsable parle bien de "rupture" puisque, bientôt, la génomique permettra de connaître le génome des animaux aussi précisément qu'avec la voie du testage (objectif 70 de CD). La technique permet par ailleurs d'obtenir de bonnes prédictions sur des caractères comme les cellules somatiques ou la fertilité, pour lesquels il est aujourd'hui laborieux d'avoir des indications rapides.
Bouleversement côté femelles
L'une des grandes nouveautés apportées par la technique est le fait que la voie femelle deviendra aussi importante que la voie mâle. "L'information devenant plus précise, la pression sera plus importante sur certaines femelles", commente Jean-Yves Dréau. Ces dernières seront donc exploitées davantage, à grands renforts de ponctions ovariennes et autres technologies. "En fait, la majorité de ce qui était investi dans le testage devra l'être, demain, dans la création génétique", résume Marc Bolard. Créavia envisage d'ailleurs la mise en place de station de donneuses. Pour les éleveurs, il s'agit de nouveaux réflexes à acquérir.


La rémunération, point sensible


Autant de changements qui impliquent de revoir les dispositions contractuelles qui lient éleveurs et unités de sélection. "Deux voies sont possibles, pour Jean-Yves Dréau. Soit on paiera le veau au prix fort à l'éleveur, qui supportera le coût du déchet (les animaux non exploités). Soit on l'achètera moins cher et on indemnisera le déchet. Lorsqu'un veau sera utilisé, la rémunération se fera soit par royalties, soit par paiement direct, au choix de l'éleveur (à faire en amont)."
Toute la difficulté sera, en résumé, d'inventer un système de rémunération prenant désormais en compte la gestion du risque. Créavia envisage un paiement réalisé à plusieurs niveaux : dans un premier temps sur l'effort de production d'embryons, puis au niveau des mâles et femelles prêts à typer, enfin par royalties en fonction de l'exploitation de l'animal. Pour Jacques Chesnais en tout cas, pas d'inquiétude : les créateurs de progrès génétiques seront aussi bien récompensés qu'aujourd'hui, voire plus.


Le testage survivra


Enfin, l'un des points délicats soulevés par la technique, et qui taraude en premier lieu les sélectionneurs, est la future place du testage dans le nouveau paysage de la sélection. Sera-t-il totalement supplanté ? Claude Chesnais se veut rassurant. S'il est plus cher, le testage reste plus fiable et certains éleveurs continueront de vouloir connaître les pedigrees des animaux. "Il me semble que l'on peut arriver à un équilibre entre l'utilisation des deux techniques,  assure-t-il. Les deux voies risquent de cohabiter encore pas mal de temps".

Anne-Laure Lussou


Photo : R. Gourmelen (Holstein Finistère), JY Dréau (Amélis), P. Cabon et JF Saluden (Holstein Finistère), M. Bolard (Créavia) et J. Chesnais (Semex Alliance) lors de l'assemblée générale d'Holstein Finistère.


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Date de l'article : semaine du N° du 27 Février au 5 Mars 2009
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