
La Coordination Rurale tenait son assemblée générale vendredi 20 février à Ploufragan. C’est le contexte européen et les difficultés rencontrées dans toutes les productions qui ont alimenté les débats.
Pierre Lech’vien président de la Coordination Rurale 22 estime qu’avec le libéralisme affiché au sein de l’OMC suivie par Bruxelles, les agriculteurs ont tout à perdre. Déjà dans le cadre de la mise en œuvre des mesures du bilan de santé de la PAC il prévoit une baisse des aides de 30 % pour les grandes cultures, 18 % pour le hors-sol et 6 à 7 % pour les producteurs laitiers. Constatant en outre que le système de primes est remis en cause par l’Union européenne et par les contribuables.
Inquiet aussi de constater la situation difficile de l’ensemble des productions. « Le problème des prix reste entier pour l’ensemble des secteurs ». Soulignant que dans un contexte de crise économique, le poste principal qu’est l’alimentation subit une grande pression au niveau des prix. D’autant que la Grande distribution continue selon lui de s’octroyer des marges abusivement élevées. « La crise risque de se traduire par une baisse de la consommation, ce qui entraînera une baisse des prix agricoles ».
Indépendance en protéines
Le secteur laitier va notamment connaître un profond renversement de situation en 2009, après une année 2008 correcte. « Même les accords interprofessionnels risquent de ne pas être respectés par l’ensemble des entreprises ». Evoquant une rumeur selon laquelle certaines laiteries envisageraient de payer les 2 % d’allocation de fin de campagne au prix de la valorisation des produits industriels, soit aux environs de 185 euros par tonne. De même les premiers échos sur les bases de négociation du prix du lait pour les prochains mois seraient assez alarmants. Pour Laurent Bertho, secrétaire général et responsable lait, « on ne résoudra pas le problème du prix s’il n’y a pas une révision de la politique européenne au niveau de la gestion des volumes ». Ne comprenant pas que dans un marché engorgé, Bruxelles s’entête à vouloir augmenter les volumes.
Pour le syndicat, l’agriculture doit aussi rapidement viser l’indépendance en protéines en réorientant un certain nombre de ses surfaces vers des cultures de protéagineux. « Plutôt que d’exporter des céréales à prix mondial ou de se retrouver avec du soja OGM ou contenant de la mélamine de Chine ». Ce qui aurait aussi d’autres avantages, en revenant à des assolements mieux raisonnés et donc d’offrir un bilan environnemental meilleur.
Pierre Dénès
Photo : Pierre Lech’vien, président et Laurent Bertho, secrétaire général.