
La filière bois passe à la vitesse supérieure. 4% de l'énergie en Bretagne est produite par cette filière."L'objectif du plan bois énergie 2007-2013 est de doubler l'utilisation de bois déchiqueté en facilitant la création de nouvelles chaufferies, en garantissant une offre de bois en quantité et en qualité et en encourageant l'auto-consommation de bois chez les agriculteurs", déclare Gilles Petitjean, délégué régional de l'Ademe. À Guer, une chaudière à bois vient d'être installée pour chauffer des bâtiments collectifs. La facture énergétique est moindre qu'avec le fioul ou le gaz et l'argent dépensé est désormais réinjecté dans l'économie locale. Le retour sur investissement (920 000 euros) est estimé à 7 ans.
Scierie locale
L'intérêt porté par les élus à cette énergie durable date de 1992. La proximité de la forêt de Paimpont avait favorisé l'émergence d'une première étude de faisabilité d'installation d'une chaudière à bois. Mais, c'est la création récente d'un groupe scolaire qui a permis de faire aboutir un projet de mise en réseau de chauffage. De nombreux opérateurs locaux ont été amenés à travailler ensemble afin de rendre possible l'installation commune de cette nouvelle chaufferie centrale bois, d'une puissance de 750 Kwh. Depuis 2008, celle-ci alimente la piscine, la maison de retraite, le groupe scolaire et la maison de l'enfance. "Nous sommes dans une logique de baisse des coûts avec création d'une filière locale d'approvisionnement", déclare Jean-Luc Bléher, maire de la commune. Le centre de restauration scolaire et deux autres bâtiments collectifs seront prochainement raccordés à ce réseau. La chaudière est alimentée par des chutes de bois d'une scierie locale. "Le gisement est durable. Les scieries génèrent 155 000 tonnes de connexes en Bretagne chaque année. Les besoins de la chaudière de Guer ne sont que de 400 tonnes". Cette matière première est actuellement exportée hors Bretagne pour fabriquer des panneaux ou du papier.
Équipement moderne
Le nouveau plan s'intéressera plus particulièrement à la forêt et aux déchets verts qui participent peu aux approvisionnements actuels. En terme de prix, les déchets industriels de bois et les déchets verts sont les gisements les plus accessibles, car issus des filières de récupération. "La filière est compétitive", poursuit Gilles Petitjean. "Elle bénéficie d'un équipement moderne et contribue à la maîtrise des coûts énergétiques, contrairement aux sources d'énergie non renouvelables dont le prix suivra une tendance à la hausse".
Dans le cas d'utilisation de bois de tailles de haies ou d'entretien des forêts (plaquettes), le bilan carbone est neutre dans la mesure où seule la pousse annuelle est consommée. "Deux à quatre kilomètres de haies permettent d'assurer une consommation annuelle de bois équivalente à 2000 litres de fioul". Gilles Petitjean insiste néanmoins sur le fait que la meilleure valorisation du bois reste le matériau, pour sa capacité de stockage de carbone. "Les deux filières , confection de matériaux et utilisation des sous produits pour le chauffage, sont complémentaires". Le potentiel est important, la forêt bretonne couvre 12% du territoire.
Bernard Laurent
Photo : 250 personnes, dont de nombreux élus locaux, ont participé à la journée de sensibilisation sur la filière bois énergie, organisée à Guer le 4 février, par l'Ademe, le Conseil régional et les quatre Conseils généraux de Bretagne.