
Au Gaec de Mesbée, à Sens-de-Bretagne, trois productions cohabitent : le porc (150 truies NE), le lait (110 VL) et la viande (110 VA Blonde d'Aquitaine NE). La création de la société date de 2002. "Mes parents partaient à la retraite, retrace Vincent Caillard, en charge de la partie allaitante. J'avais le choix entre rester seul et ne produire que de la viande, ou bien m'associer et continuer la double production lait-viande." C'est cette seconde option qui sera choisie, grâce à l'association avec des voisins, entraînant la taille actuelle du Gaec. Quatre associés et deux salariés le pilotent aujourd'hui. En ce qui concerne les productions végétales, 133 des 250 ha de SAU sont en herbe.
Allonger le pâturage
"Sur ces 133 ha d'herbe, 90 sont facilement accessibles aux vaches allaitantes", explique Vincent Caillard. Un atout pour le pâturage, d'autant plus que les terres sont plutôt séchantes. Autant d'éléments qui ont entraîné les éleveurs à opter pour le système actuel d'alimentation des vaches allaitantes : une maximisation du pâturage, grâce à la suppression de l'ensilage d'herbe, et une diminution de la période d'hivernage. "Nous ensilons 10 ha d'herbe, au printemps, pour les laitières. Ensuite, nous réservons les prairies exclusivement pour le pâturage, détaille l'éleveur. Cela permet de mieux gérer les stocks sur pied." Désormais, les Blondes d'Aquitaine restent à l'extérieur du 15 mars à une date variant entre le 1er novembre et le 1er décembre. Elles ne bénéficient, alors, d'aucune complémentation et ne sont rentées en bâtiment qu'en cas de vêlage, pour être surveillées de près. Au sein du Gaec, les vêlages se déroulent toute l'année afin d'étaler les ventes et d'éviter les problèmes sanitaires. Sur ce dernier point, les éleveurs ne relèvent pas de problème particulier. Préventivement, les vaches sont traitées contre la diarrhée des veaux, qui sont pour leur part vaccinés.
Ration hivernale : du fait maison
Quand vient l'heure de rentrer en bâtiment, une ration sèche "faite maison" prend le relais sur la ration estivale basée sur l'herbe. "Nous avons investi, en 2008, dans une Fabrique d'alimentation à la ferme (Faf), de 8 cellules, commune aux trois ateliers du Gaec", indique Vincent Caillard. Le blé et l'orge sont en partie auto produits. Toutes les autres matières premières sont achetées à l'extérieur : tourteau de colza, luzerne, tourteau de lin, tourteau de soja, pulpe de betterave, CMV, maïs grain. Pas toujours facile de savoir quand s'approvisionner, vu les fluctuations des cours. "Pour l'heure, on se fait la main", reconnaît l'éleveur. Au total, une quinzaine de rations est produite sur place, quatre d'entre elles concernant la partie allaitante (vaches, JB croissance, JB finition, veaux et vaches à l'engrais). Les vaches et génisses reçoivent 500 kg de concentrés, 600 kg de paille et 150 kg d'aliment liquide (mélasse). Les JB se nourrissent, jusqu'à 650 kg, de 2000 kg de concentrés, 600 kg de paille et 200 kg d'aliment liquide. En finition une ration 90 % JB finition - 10 % JB croissance prend le relais. Enfin, les vaches allaitantes sont finies à l'aide de concentrés à volonté et de paille en atelier.
"Avant d'avoir une Faf, je réalisais déjà la ration sèche moi-même, explique l'éleveur. Mais je devais la distribuer au seau, c'était beaucoup de travail." En plus de l'amélioration des conditions de travail, le système devrait alléger la facture de l'alimentation, même s'il est encore trop tôt pour chiffrer la différence. Dernier avantage relevé : "avec la Faf, il est possible de modifier très rapidement la ration. Il y a plus de réactivité".
Croissance : viser mieux
Côté performances des animaux, elles s'améliorent d'année en année. En 2008, sur 20 génisses vendues, 16 l'ont été via le label à un poids de carcasse moyen de 471 kg (4,49 euros/kg). 41 vaches ont été commercialisées, dont 17 par le label, à un poids moyen de 507 kg. 47 taurillons sont partis de l'exploitation, en moyenne à 541 kg et à l'âge de 21,2 mois. 45 % d'entre eux ont été classés E, 53 % U. "L'objectif est d'arriver au même poids avec un mois de croissance en mois", se fixe Vincent Caillard. Pour les femelles, le but est à présent d'améliorer les qualités maternelles, afin que les veaux puissent gagner en croissance encore plus tôt.
Anne-Laure Lussou
Vincent Caillard a ouvert les portes de son élevage, mardi 3 février, dans le cadre de l'Assemblée générale annuelle du Syndicat départemental Blonde d'Aquitaine, présidé par Henri Lemoine (St-Ouen La Rouerie) et qui regroupe une vingtaine d’adhérents.
Photo : La durée de la ration hivernale a été écourtée le plus possible.