
L’Inra et l’association française des plantes fourragères (AFPF) ont expérimenté la possibilité d’avancer la mise à l’herbe des laitières en mettant les vaches en milieu de lactation sur triticale à partir de début février. Il s’agissait d’une culture implantée en septembre conduite sans azote.
Pour éviter l’écrasement (hauteur du fourrage sur pied entre 13 et 30 cm), le fil avant était déplacé tous les jours. En complément, les vaches recevaient 7 kg de MS d’ensilage de sorgho grain et 1,15 kg de tourteau de soja tanné. Le lot témoin recevait quant à lui le même ensilage de sorgho à volonté, complété de 2,3 kg de tourteau tanné.
Moins de lait et moins de fourrage conservé
Le triticale, pâturé du 5 février au 17 mars, était d’excellente qualité, avec une bonne digestibilité et une bonne teneur en matière azotée. La hauteur de sortie était de 6 cm. Le fourrage à 15 % de matière sèche a été consommé à raison de 10,3 kg MS/jour.
Durant l’essai, les vaches ont produit 23 kg de lait à 41,1 de TB et 31,7 de TP. Ceci malgré les restrictions alimentaires durant la nuit. Le lot témoin a produit plus de lait : 25,3 kg, avec des taux identiques. Une production plus élevée à mettre en relation avec la forte ingestion d’ensilage de sorgho (22,2 kg de MS) et un poids vif nettement plus élevé (+ 50 kg) qui traduit pour partie l’écart d’ingestion de 6 kg de MS/jour et une perte de poids. Les taux protéiques n’indiquent cependant pas une trop forte sous-alimentation du lot expérimental, selon les chercheurs.
Au-delà des fortes pluies qui ont perturbé la circulation des animaux, l’introduction de triticale à pâturer dans la ration des vaches laitières a permis de réaliser une mise à l’herbe plus précoce d’environ six semaines, conduisant ainsi à une économie de fourrages conservés. Le pâturage à temps partiel – 6 heures par jour – présente l’avantage de permettre de s’adapter aux aléas climatiques sans trop perturber l’alimentation du troupeau.
À noter que la culture de triticale en question était destinée à un usage mixte : pâturage, puis moisson ultérieure. Les conditions difficiles de pâturage ont pénalisé les repousses. D’où un rendement en grain fortement compromis (25,5 qx/ha, soit 50 % du témoin non pâturé). « Un semis direct de la céréale aurait sans doute permis de minimiser ces effets négatifs », concluent les responsables de l’étude.
Didier Le Du
Photo : Le pâturage des couverts végétaux à base de céréales peut être une solution pour sortir les vaches tôt en saison, sans abîmer les prairies temporaires.