
On l’oublie parfois parce tout va bien. Le haut niveau sanitaire du cheptel finistérien est un atout pour les éleveurs du département. Pour autant tout n’est jamais définitivement gagné comme l’ont illustré, en 2008, la FCO et plus sporadiquement le cas de tuberculose sur un bovin et celui, d’une autre maladie presque oubliée, l’ESB.
Ne pas jouer avec la BVD
Au-delà de ces maladies plus médiatiques, le groupement de défense sanitaire (GDS) travaille à l’éradication de maladies dont les conséquences économiques sont aussi désastreuses pour les élevages touchés.
Le Finistère est le département le mieux placé de la Bretagne à l’égard de la BVD. Reste que les responsables départementaux observent, qu’après l’amélioration constante depuis 2001, la situation stagne. D’où cet appel à la vigilance. Notons en effet que sur ces deux dernières années, 1 600 reproducteurs ont été introduits dans les élevages du département sans connaître le statut de l’animal.
Pour autant, la dynamique tend bien vers une diminution de la séroprévalence de la BVD dans le département. Fin 2008, 69 % des troupeaux laitiers étaient classés en statut A. En allaitant, le calcul des statuts BVD est désormais réalisé automatiquement lors des prophylaxies annuelles. 40 % sont classés dans la catégorie A.
À noter que depuis août 2008, la prophylaxie collective de la BVD oblige toute exploitation de bovins à un contrôle annuel BVD (mélange de sang pour les allaitants et de lait de tank pour les laitiers). Les ateliers d’engraissement en bâtiments fermés étant dérogataires.
Le grand chantier de la paratuberculose
Autre grande action sanitaire, la lutte contre la paratuberculose. Le protocole de qualification GDS29 évolue vers une qualification reconnue au niveau national : la qualification Acersa. Techniquement, la différence entre les deux qualifications concerne essentiellement le nombre d’animaux à prélever et une plus grande rigueur dans les délais entre les sondages et la gestion des animaux découverts positifs.
Globalement, les protocoles d’assainissement et de qualification augmentent régulièrement. Le pourcentage d’animaux positifs sondés lors de l’application des plans d’assainissement est de 3 % et 0,7 % de cliniques. En réalité, beaucoup d’animaux sont porteurs de la maladie dans ces élevages car les tests ne régissent que tardivement (à un stade évolutif de la maladie) et possèdent des qualités insatisfaisantes (présence de faux négatifs).
D’où aussi cette étude scientifique de l’Ecole nationale vétérinaire de Nantes qui porte sur 65 élevages bretons dont 25 élevages finistériens. Cette étude vise entre autres à trouver de nouveaux outils d’analyse et de déterminer le statut du troupeau vis-à-vis de la maladie.
Les résultats de l’étude régionale sont attendus pour cette année. Une révision en profondeur des modalités techniques d’intervention en élevages infectés devrait voir le jour.
En 2008, l’action paratuberculose a représenté un coût de 182 000 euros pour le GDS 29. Afin d’inciter les éleveurs à entrer dans un protocole de qualification ou d’assainissement, les prises en charge financières pour cette maladie ont été réévaluées en 2008.
Didier Le Du
Photo : Le nombre d’avortements déclarés est stable : autour de 3 300 par an.
Gestion des avortements
La législation sur les déclarations d’avortements vient de changer. Les prélèvements obligatoires sont toujours d’actualité, mais il n’est plus demandé par la DSV un prélèvement d’avorton ou de placenta, mais un écouvillon génital.
Le cas échéant, un plan de maîtrise spécifique d’une maladie incriminée peut être mis en place.
Depuis octobre dernier, un nouveau plan de maîtrise de la néosporose a démarré. Il vise à éviter la prolifération des lignées contaminées dans un cheptel touché. Un plan d’éradication peut également concerner les cheptels fortement touchés et connaissant régulièrement des épisodes abortifs.