
Faire rythmer culture, peinture et agriculture. Une idée saugrenue. Pas tant que cela, car il est vrai qu’au fil des siècles, les plus grands peintres se sont souvent inspirés de la terre et des paysages, des hommes et des femmes qui la façonnent. Mais de là à en faire un sujet d’assemblées de secteurs du contrôle laitier, le pari pouvait paraître osé.
Ce « chemin de traverse » comme le spécifiait l’invitation, un certain nombre d’éleveurs a accepté de le prendre, et si l’on se réfère à l’enquête de satisfaction, l’initiative a même été bien perçue. Quelques-uns auront sans doute hésité, mais pas forcément à cause du thème. Le nouveau découpage des secteurs au sein de la nouvelle structure sur les trois départements fait que ces assemblées sont un peu plus éloignées géographiquement pour les éleveurs. Cela aura probablement joué un rôle dans une moindre participation globale.
Acteur incontournable du paysage
Ce voyage dans l’histoire de l’art, guidé par Pauline Pons, enseignante dans l’histoire de l’art, a pourtant un réel intérêt, du moins pour s’évader des préoccupations techniques et économiques. Il s’agit en fait d’une invitation à découvrir quelques oeuvres (portrait, paysage, scènes de moisson …) de peintres célèbres comme Van Gohg, Le Nain, Corot, Gauguin, Mathurin Méheut, Millet … Et à chaque fois de faire le lien entre l’œuvre, les messages que peut vouloir faire passer l’artiste. La spécialiste fait entrer son auditoire dans les tableaux, mettant en évidence les lumières qui éclairent les visages, les regards, les plans, les couleurs qui ressortent des paysages…
Sur les portraits, elle tire quelques enseignements, sur l’authenticité des personnages issus du monde paysan, la droiture de certains regards, l’attachement au pays, la valeur du travail, la force de caractère, la détermination à dominer la terre pour en retirer les fruits.
Le paysage, c’est le domaine de vie du paysan. Il le façonne. Beaucoup d’artistes comme Van Gogh, Gauguin ou Mathurin Méheut ont peint cette réalité du labeur du paysan accroché à sa terre. « C’est véritablement un acteur incontournable du paysage », note Pauline Pons. Pour elle, sans le paysage et le travail des paysans, pas de vie sociale possible. « Ce qui fait la richesse du monde, c’est le travail des agriculteurs, au travers notamment de sa fonction nourricière ». Une peinture qui met également en évidence la solidarité paysanne. De nombreuses œuvres montrent les paysans en action au moment de la moisson ou de la récolte des pommes de terre ; un enracinement évident à son territoire.
Interrogation de la salle, mais aujourd’hui ? L’intervenante souligne qu’il y a de moins en moins de peintres. Un participant note que des photographes s’intéressent au monde paysan. Plus près de nous, Olivier Schricke, ingénieur à Bretagne contrôle laitier met en avant la démarche des habitants de Nizon (29) aux portes de Pont-Aven qui depuis plusieurs années ont créé une activité de peinture spécifique inspirée de la technique du Pop’art. Des artistes amateurs font revivre en peinture des scènes de la vie du village, d’aujourd’hui mais aussi d’hier ou d’avant-hier. Une peinture originale, décalée de la réalité des couleurs avec beaucoup de contrastes. « Au-delà du côté artistique, conclut-il, cette démarche aura été une occasion de recréer du lien social ». Elle se poursuit d’ailleurs depuis une quinzaine d’années.
Pierre Dénès
En pratique
- 10 heures 30 : La vie du secteur et l’actualité
- 12 heures : Repas
- 14 heures à 17 heures : Culture & Agriculture
Le calendrier
- Kreiz-Breiz : mardi 24 février 2009 - Salle des Fêtes à Rostrenen
- Evel-Blavet : mercredi 25 février 2009 - Palais des Congrès à Pontivy
- Léon-Iroise : jeudi 26 février 2009 - Salle Marcel Bougeun à Plabennec
- Cornouaille : vendredi 27 février 2009 - Salle Jean Moulin à Bannalec
- Rhuys-Brocéliande : vendredi 6 mars 2009 - Salle multifonctions à Pleucadeuc
La bonne organisation de la journée demande une inscription auprès du conseiller d'élevage. Participation à l'organisation de la journée : 12 €
Photo : Des peintures projetées et décryptées pour faire « entrer » les participants dans les oeuvres