
La vaccination FCO était au cœur de l’assemblée générale du GDS 29 qui s’est tenue, vendredi dernier, à Plougastel-Daoulas. Pour le président du groupement de défense sanitaire, Jean-François Tréguer, le faible nombre de foyers FCO en Finistère en 2008 – 8 cas de BTV8 et 4 BTV1 – tient « au succès de la première campagne de vaccination qui a protégé le cheptel du département ». Rappelons en effet que 221 290 bovins ont été vaccinés contre le BTV8, soit 47 % du troupeau départemental. Le taux de couverture vaccinale étant de 78 % en ovins.
Les bovins de plus de 2,5 mois
Reste aujourd’hui à assurer la 2e campagne de vaccination. En bovin, tout doit théoriquement être terminé le 30 avril. En ovin, la date butoir est fixée au 30 juin. Mais pour l’heure, « les vaccins arrivent au compte-gouttes. Ils doivent nous parvenir massivement début mars », annoncent les responsables sanitaires du département. Et d’ajouter que les éleveurs n’auront pas le choix du vaccin : « En 2009, la vaccination BTV1 sera réalisée avec 5 vaccins différents ; la BTV8 avec 3 vaccins ».
Sur le plan pratique, le GDS rappelle que tous les bovins de 2,5 mois (élevés en bâtiment non fermé) doivent être vaccinés ainsi que tous les ovins de plus de 3 mois. « Des ordres de priorité seront donnés », explique le GDS, précisant que les DAB des animaux amenés à changer d’élevage devront mentionner les vaccinations (tampon, signature, nom du vaccin).
Les bovins déjà vaccinés contre le BTV8 à l’automne dernier pourront être vaccinés à nouveau contre le sérotype 8 afin de caler la date des prochains rappels de 2010 et des années suivantes le cas échéant. Le rappel annuel devant intervenir dans un délai de 13 mois maximum. « En tout cas, au regard de l’activité vectorielle, il apparaît moins pertinent d’attendre la fin de l’année 2009 pour faire le rappel annuel BTV8 sur les animaux déjà vaccinés courant 2008 », estime Pol Kermorgant, de la DDSV.
Les élevages protégés moins touchés
Pour les éleveurs qui douteraient de l’efficacité de la vaccination, le nouveau directeur de la DDSV, Christian Jardin, en provenance de l’Orne, « département particulièrement touché par la FCO », insiste sur l’efficacité de l’opération. « Les élevages protégés et désinsectisés ont été moins touchés ».
Ce qui n’empêche pas certains éleveurs de s’interroger sur l’immunité naturelle. Sur ce sujet, les informations semblent peu nombreuses. Jean-François Tréguer abonde dans le sens du directeur des services vétérinaires en rappelant qu’un « élevage finistérien touché par la FCO a enregistré 5 génissons morts ». Une étude nationale corrobore ces observations (voir Paysan Breton de la semaine dernière).
Bref, d’accord ou pas, il faut donc vacciner. Premièrement parce que la vaccination semble le seul outil de protection à disposition des éleveurs. Deuxièmement, parce qu’il s’agit d’une obligation réglementaire. Avec toutefois cette interrogation sur les tarifs appliqués par les vétérinaires. À ce jour, le syndicat des vétérinaires n’a pas signé d’accord avec la profession. « Entre autres parce que nous attendons toujours la subvention de la première campagne de vaccination, alors que nous avons fait l’avance aux éleveurs », explique Thierry Chambon, président départemental. « Mais je ne désespère pas que l’on trouve un accord ».
Didier Le Du
Photo :La FCO a occupé une grande partie des débats de l’assemblée du GDS (A la droite de J.F. Tréguer, le nouveau directeur de la DSV : Christian Jardin).
Et après 2009 ?
« La campagne de vaccination 2009 s’annonce difficile », en convient le président du GDS : éleveurs démotivés, vétérinaires réservés, calendrier de livraison des doses de vaccins retardé. « Pourtant, à notre avis la vaccination de masse reste aujourd’hui le meilleur outil pour éviter l’explosion de la maladie au printemps prochain ».
Et après ? La fin 2009 doit aussi ouvrir le débat sur le caractère obligatoire ou facultatif de la vaccination contre la FCO surtout si un nouveau sérotype apparaît en France. « En effet, l’apparition du sérotype 6 sur le territoire de l’Union européenne nous interpelle sur la stratégie à adopter : faut-il éradiquer la maladie ou se résigner à vivre avec ? », conclut J.F. Tréguer, en faisant remarquer que « dans un contexte d’accroissement des échanges mondiaux d’autres maladies exotiques peuvent apparaître… ».