Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°9156 |
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Côtes d'Armor (22)
Viv’Emploi / 600 emplois par an à pourvoir - L’attractivité des métiers, cela ne se décrète pas, mais se travaille
 

Les premières actions de la semaine de l’emploi, lundi et mardi ont connu une bonne affluence. Une bonne centaine de jeunes de trois établissements ont participé à l’après-midi découverte d’un métier « chauffeur de Cuma » à la Cuma des Bois à Hénon. De même mardi, dans les Pays, environ 150 demandeurs d’emplois ont participé à la promotion des métiers, visité des exploitations, écouté des témoignages sur les métiers agricoles. Des opérations conduites notamment avec les ANPE, les missions locales et les Maisons de l’emploi.


L’exemple de l’artisanat


Evidemment, difficile de cerner avec précision la portée de toutes ces actions. Mais elles sont devenues indispensables pour mobiliser autour de l’emploi agricole et rendre les métiers plus attractifs. C’était d’ailleurs le thème de la soirée débat de mardi soir intitulée « Comment rendre nos métiers attractifs », avec le témoignage de Pascal Pellan, secrétaire général de la Chambre des métiers et de l’artisanat de St Brieuc. Celle-ci a été leader dans la revalorisation de l’image des métiers de l’artisanat, avec d’une part des campagnes de communication fortes reprises au niveau national, comme « l’artisanat la plus grande entreprise de France », et plus récemment « ceux qui réussissent ne sont pas toujours ceux que l’on croit », faisant référence à l’économie uniquement financière qui souffre. Il cite aussi la création du « Véhipôle », reconnu au niveau mondial.
Intarissable, Pascal Pellan est un « réservoir » d’optimisme. Il a cependant un regard très critique sur le système éducatif français, qui n’a, selon  lui, d’yeux que pour l’élite intellectuelle, « oubliant sur le bord de la route  tous ceux qui ont une autre façon d’être intelligents ». Il estime que ces jeunes qui n’ont pas au départ la même capacité de conceptualiser et de théoriser ont d’autres atouts à faire valoir.


Mettre les moyens


Les métiers de l’artisanat ont du fait longtemps souffert d’une image peu reluisante. Mais le secteur a su la redorer, notamment au travers d’un gros effort de communication, avec un discours positif. Les entreprises y ont mis les moyens en mutualisant des fonds. « 11 euros x 350 000 entreprises, cela a permis de rassembler 12 millions d’euros. Et, avec une pareille somme, il est possible de faire des choses », témoigne Pascal Pellan
Alors quelle recette pour redorer  l’image des métiers ? « Nous avons d’abord un devoir d’optimisme». En clair pour espérer « vendre » ses métiers il faut en être fier et avoir des convictions. « Les nouvelles technologies sont aussi entrées dans nos  métiers, ce qui permet de les revaloriser ». Il rajoute qu’il faut montrer des modèles de réussite, « comme dans le sport ». C’est-à-dire chercher des repères en haut, pas en bas. 
Des objectifs à atteindre qui nécessitent des moyens,  pour donner une image d’excellence. « Le Centre de Formation de l’artisanat va devenir l’Université des  métiers et de l’artisanat. Ce n’est pas la même chose, ni pour les jeunes, ni pour les parents. » Au-delà, c’est tout un travail d’adaptation du système de formation qu’il faut mettre en place : des parcours personnalisés, des passerelles …


Toucher les bonnes cibles


L’analyse est évidemment partagée par la profession agricole et les acteurs de l’emploi. Mais comment la retranscrire pour l’adapter aux métiers liés à la production agricole. Les bonnes paroles ne suffisent pas toujours. Certes dans l'appropriation de nouvelles technologies, l’agriculture n’a pas grand-chose à envier aux autres secteurs de l’économie. Mais l’image de la production agricole en général, et bretonne en particulier, reste teintée de clichés qui lui nuisent fortement. « De la production de masse, parfois qualifiée d’industrielle et des problèmes d’environnement ». Pas franchement attirant.


Il va donc falloir travailler, communiquer encore mieux. Des opérations comme les Terralies ou Fermes et Paysages marchent bien. Mais touchent-elles les bonnes cibles et notamment les jeunes qu’il faut séduire ?. Et au final l’attractivité des métiers, cela ne se décrète pas. Par contre, cela se travaille dans la durée. La révolution de secteur de l’artisanat s’est faite sur une quinzaine d’années, par les artisans eux-mêmes.

Pierre Dénès


Photo : Patrice  Binet, président des Jeunes Agriculteurs lors de l’inauguration du « point accueil » entre Olivier Allain, président de la Chambre d’agriculture, Danièle Even, présidente de la commission formation.


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Date de l'article : semaine du N° du 30 Janvier au 5 Février 2009
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