
Le thème mis en avant cette année dans les assemblées de Petites régions naturelles (PRN) organisées par Bretagne Contrôle laitier 35 vise à répondre à la question "Comment obtenir une forte performance animale et une bonne qualité du lait ?". Un sujet illustré par des visites d'exploitation performantes. Le mardi 20 janvier, les participants ont découvert l'élevage de Michel et Marie-Christine Fauvel, à St Pierre de Plesguen. Le quota de 326 000 litres est réalisé par 37 vaches laitières Prim'Holstein.
Les choix génétiques réalisés sur l'élevage comptent parmi les ingrédients de réussite de la production laitière. Inel, mamelle, morphologie sont des points auxquels l'éleveur s'attache dans la sélection. Souvent problématique quand on augmente en production, la fertilité n'est pas oubliée (sur la campagne précédente : 67% de réussite en 1ère IA sur les VL, 88% sur les génisses). A l'avenir, les éleveurs souhaitent maintenir le niveau de production, tout en améliorant les qualités morphologiques. Et pourquoi pas, dégager du revenu via la vente de génétique.
Vêlage à deux ans depuis 20 ans
Bien menée sur l'exploitation, la gestion du renouvellement fait aussi partie des clés de réussite d'un bon niveau de production. "Toutes les génisses sont élevées. Depuis une vingtaine d'année, nous pratiquons le vêlage à 2 ans", précise Michel Fauvel. "L'alimentation commence par une phase lactée jusqu'au sevrage : poudre de lait, aliment spécifique veaux (anticoccidien)".
Jusqu'à 6 mois, les génisses reçoivent ensuite de l'aliment spécifique (800 g par mois d'âge), de la luzerne (1 kg) et de la paille d'orge. Après 6 mois, elles ont accès au maïs une heure par jour, elles ingèrent aussi 1 kg de correcteur, 1 kg de luzerne déshydratée et de la paille d'orge. Et elles sortent pâturer. "Les génisses sont un investissement. C'est important d'obtenir une croissance maximale sur la phase 0 – 6 mois".
Maximiser l'ingestion
Les vaches laitières reçoivent du maïs toute l'année. "Pour favoriser la production, avant d'augmenter les concentrés, mieux vaut maximiser l'ingestion", précise David Renault, responsable méthodes au Contrôle laitier. "Et le fourrage doit être de qualité, la ration équilibrée et disponible". Le producteur préfère éviter la gestion de l'alimentation avec des surplus. "Les vaches disposent, en plus de la ration, d'une botte de foin. C'est un repère pour savoir si elles sont suffisamment mangé", confie le producteur. La distribution se fait à l'aide d'une désileuse simple, une fois par jour. Les auges sont nettoyées tous les jours.
La préparation des taries fait aussi l'objet d'une technique particulière sur l'élevage. "Trois semaines avant le vêlage, elles sont rentrées en bâtiment où une ration spécifique leur est attribuée : du maïs (5 kg MS), de la paille et de l'aliment spécial vaches taries (2,5 kg)". Une méthode qui permet d'éviter les problèmes métaboliques majeurs lors du vêlage.
Agnès Cussonneau
Photo : Le mardi 20 janvier, l'assemblée de Petite région naturelle Dol - Combourg s'est tenue sur l'EARL Fauvel, à St Pierre de Plesguen.
Maintenir la qualité du lait
Pour maintenir un bon niveau de qualité du lait, les éleveurs ont mis en place différentes mesures d'hygiène lors de la traite : lavette individuelle à l'eau chaude (lavée à la machine tous les jours), essuyage papier, post trempage, désinfection de la griffe par trempage après traite d'une vache laitière infectée. Côté équipements, ils sont passés en logettes en 2008, avec un raclage matin et soir. Malgré la présence d'un tapis, les logettes sont paillées tous les deux jours. Un asséchant est mis tous les deux jours également.
Après la traite, un fil bloque l'accès aux logettes (entre deux et trois heures). La machine à traire est contrôlée annuellement (salle 2X4). Sur l'élevage, les mammites sont dues principalement à des streptocoques, avec toutefois quelques cas de mammites colibacillaires cet automne. Pour faire face aux mammites, Joël Le Besco, vétérinaire de l'élevage, souligne l'importance de l'observation par l'éleveur. "En situation anormale, il convient de prendre tout de suite la température de la vache, d'abandonner la traite et de vider la mamelle", précise-t-il.
"Les prélèvements pour analyses sont à faire dans des bocaux stériles, maintenus stériles pendant le prélèvement, sans que des antiseptiques soient introduits. Les traitements contre les mammites doivent être rapides, forts et maintenus jusqu'à la guérison", rappelle notamment le vétérinaire.