
Une dizaine d'euros par ci, quelques autres euros par là. Les résultats économiques des élevages allaitants sont une succession de petits plus. "Il faut être un peu gripsous", a résumé Raymond Barré, technicien viande bovine à la Chambre d'agriculture du Finistère, lors d'une intervention intitulée "Quel avenir en vaches allaitantes".
Le poids des primes
En travaillant tous les postes de charges, en cherchant à valoriser au mieux les produits, des éleveurs parviennent à dégager des revenus honorables. "Le 1/4 supérieur des naisseurs-engraisseurs Limousins (67 VA) a dégagé 43 038 € de revenu", chiffre R. Barré (chiffres CER 29 – exercice 2006-2007). La moyenne s'établissant à 27 756 € pour 60 mères NE et à 16 237 € pour les naisseurs (45 VA). Les prévisions 2008 s'annoncent beaucoup moins bonnes : le revenu approcherait de 195 €/VA en système naisseur et 377 €/VA en système naisseur-engraisseur.
Là où le bât blesse, c'est que les primes représentent une bonne part du revenu, voire plus que le revenu : 472 €/VA en système naisseur pour un revenu de 334 € ; 523 € en système naisseur-engraisseur pour un revenu de 460 €/VA ; il n'y a que chez le 1/4 supérieur des naisseurs-engraisseurs que le revenu par vache allaitante est supérieur au montant des primes : 641 € pour 569 € de prime (NDLR : toutes primes comprises).
Vêlage à 30 mois
Le niveau de revenu du 1/4 supérieur résulte d'une addition de petits plus techniques et économiques. Ainsi, ce groupe des meilleurs élevages affiche une bonne prolificité par vache : 0,98 veau/VA/an. S'il y a un effet race incontestable, ce quasi-veau par vache et par an tient certainement à un bon suivi d'élevage et à la mise à la reproduction d'un nombre suffisant de génisses qui compense les vaches vides ; vaches vides qu'on hésitera moins à réformer.
"Le vêlage à 30 mois doit être un objectif. C'est possible avec des génisses de 380 kg de poids vif à un an ", poursuit R. Barré. L'échographie des vaches et génisses peut également aider à prendre des décisions et éviter de garder des vaches vides.
C'est peut-être une évidence de le dire, mais en élevage allaitant le revenu est fait avant tout par la viande. Ce qui signifie qu'une bonne valorisation des réformes contribue à augmenter les produits. Les vaches de réforme du 1/4 supérieur pèsent en moyenne 392 kg de carcasse. Un bon classement permet également d'espérer une plus-value intéressante.
L’effet saison est aussi à considérer. "D'avril à juin, en raison d'un plus faible volume de laitières sur le marché, il manque d'animaux de boucherie", rappelle le technicien viande de la Chambre. D’où un impact positif sur les prix. "Sur l’année, on observe 10 ct de variation de cours en catégorie U entre le plus haut et le plus bas niveau ; la variation est de 30 ct en catégorie R. D'où l'intérêt de préparer des animaux pour la période où les prix tirent vers le haut. Concrètement, pour des ventes de fin de printemps, il convient de les engraisser à partir d'aujourd'hui".
Travailler la conformation
En mâles aussi, une bonne finition des carcasses, combinée à un bon GMQ, pèse dans la balance des produits. Un objectif de 430 kg de carcasse à 18 mois est à rechercher en Limousin. "Pour l'exercice 2006-2007, le prix du JB Limousin était de 1 286 euros chez le 1/4 supérieur". En 2008, les cours se sont bien tenus, sans doute en lien avec des importations moins importantes en provenance du Brésil. "Les exportations du Mercosur sont passées de 30 000 t/mois à 5 000 t/mois à la fin de l'année. Reste qu'avec la baisse du dollar, les ventes de viande brésilienne vers la zone euro vont être facilitées ".
Même exercice en ce qui concerne les naisseurs pour qui des veaux poussants et bien conformés se vendront toujours plus cher que des broutards de catégorie inférieure. Même si, 2008 le démontre une nouvelle fois, l'éleveur n'y peut pas grand-chose face à l'effet conjoncture. "Au Mol, les veaux vendus en novembre et décembre dernier ont fait baisser la moyenne annuelle de 20 euros par tête", chiffre R. Barré. Bilan de l'année 2008, le broutard Limousin s'est négocié à 630 euros en moyenne (Mol) ; 544 euros pour une femelle.
Didier Le Du
Photo : L’après-midi, les éleveurs se sont rendus à Gourin sur l’exploitation de Valérie et Eric Scoul qui ont construit un nouveau bâtiment de 119 places au cornadis.
Quelques repèresRépondre à la demande du marché :
- Femelles : animaux jeunes de type R+ à U, pas trop gras.
- Mâles : 400-450 kg de carcasse ; animaux jeunes.
- Animaux bien formés : + 0,2 euro/kg par classe de conformation.
Fourrage :
- Herbe de qualité : "Bien conduite, l'herbe permet de faire de la croissance à moindre coût".
- Fétuque : sous nos latitudes humides, cette herbe permet de faire du foin de qualité, séché rapidement.
Primes :
- Objectif : charges opérationnelles couvertes par la PMTVA
- SFEI (système fourrager économe en intrants) : jusqu'à 7 600 €
- Ou PHAE 2 : 7 600 €/an pendant 5 ans
- 2009 : aide à la repousse des broutards (dépôt des dossiers avant le 15 février).
- Aide à l'engraissement.
Économie :
•+ 0,1 veau produit/VA = 90 €
•+ 20 kg de carcasse = 65 €
•+ 0,15 euro/kg de carcasse = 57 €
•- 25 % de coût alimentaire = 83 €