
Après la réussite de la période de lutte, c’est autour de l’agnelage que le nombre d’agneaux vendus par brebis se concrétise. La fin de gestation est la période la plus sensible de tous les stades physiologiques. Le poids des agneaux à la naissance se détermine dans le dernier mois de gestation. Des agneaux lourds à la naissance (4 à 4,5 kg pour des doubles) sont plus vigoureux et viables. De plus, le poids à la naissance conditionne les futures performances zootechniques : croissance, indice de consommation et poids de carcasse. Il faut donc couvrir les besoins énergétiques et azotés de la brebis à cette période et éviter qu’elle puise sur ses réserves corporelles pour subvenir aux besoins de croissance des fœtus.
En effet, une alimentation insuffisante en fin de gestation peut entraîner, dans les cas graves, une toxémie de gestation. Le parasitisme peut également jouer un rôle prépondérant lors de toxémie de gestation. Aussi, le déparasitage des animaux, un mois avant l’agnelage, permet aux brebis de valoriser pleinement la ration alimentaire.
On privilégiera également l’ingestion de fourrages peu encombrants pour éviter, par effet mécanique, les risques de prolapsus vaginal. Une carence en zinc peut favoriser cette pathologie. La couverture des besoins en minéraux doit, de préférence, se faire par l’apport quotidien de compléments minéraux spécifiques aux ovins (absence de cuivre).
Assurer une bonne hygiène
L’hygiène des bergeries et le respect des densités d’animaux dans les bâtiments d’élevage réduisent de façon considérable les pathologies (diarrhées, arthrites,…) et donc la mortalité des agneaux. Les bergeries doivent être curées, décapées et désinfectées au moins une fois par an avec des produits bactéricide, virucide et ookysticide.
Le matériel d’élevage (claies d’agnelage, nourrisseurs,..) sera également désinfecté. Un vide sanitaire des bergeries, d’au moins un mois, sera observé. Enfin, ne pas oublier de dératiser et de traiter contre les mouches.
Pendant les agnelages, il est préférable de pailler les bâtiments quotidiennement, sans excès et d’utiliser des asséchants pour litière si nécessaire. C’est dans le mois qui suit les agnelages que les pathologies apparaissent. Une hygiène parfaite, la désinfection du nombril (teinture d’iode), des boucles d’identification et une bonne ambiance dans les bergeries constituent une bonne prévention.
Alain Gouédard
Chambre d'Agriculture 35
Vacciner si nécessaire
En fonction des pathologies observées dans l’élevage au cours de la campagne précédente, il peut être intéressant de mettre en place des protocoles vaccinaux. Les maladies abortives (chlamydiose, Fièvre Q, toxoplasmose) sont à l’origine de problèmes d’infertilité, d’avortements en série et de la naissance d’agneaux non viables ou de faible poids. Elles sont à réaliser impérativement avant les mises en lutte.
Par contre, pour certaines pathologies, il est possible de vacciner les brebis en fin de gestation pour protéger les agneaux, par la prise de colostrum dans les six premières heures de vie (150 ml). Parmi les vaccinations les plus courantes, pratiquées en fin de gestation, on peut citer les vaccins contre les entérotoxémies et le tétanos, les arthrites à rouget, les pasteurelloses, l’ecthyma, les colibacilles,… Mais, pour obtenir une bonne efficacité des vaccinations, il faut veiller à bien respecter les protocoles vaccinaux.