
Avec ses beaux yeux marron, et ses cheveux châtains, Claire est une petite fille magnifique de 10 ans, pleine de vie et de douceur. Avec son grand sourire, rien à première vue ne la distingue d’une autre gamine de son âge. Et pourtant au quotidien, elle évolue dans un autre monde, le plus souvent impénétrable pour toutes les personnes qui l’entourent, ses parents Laurence et François Moisan, ses frères et sœurs, grands-parents ... Elle a été diagnostiquée autiste à l’âge de 6 ans.
De fait elle ne parle pas, s’exprime essentiellement par cris, et n’a aucune autonomie. Les parents, Laurence enseignante et François, agriculteur à Allineuc (canton d’Uzel) ont d’ailleurs dû se résoudre à la placer dans un Institut médico éducatif. « Elle nécessite une surveillance de tous les instants et une présence permanente, pour l’habiller, lui donner à manger, la laver … », souligne Laurence. Ceci d’autant plus que sur l’exploitation, elle n’a aucune conscience des nombreux dangers. « Malgré notre attention de tous les instants, on l’a retrouvée parmi les vaches, dans l’eau de la rivière jusqu’à la ceinture », ajoute François.
La stimulation par le jeu
La situation est donc difficile et douloureuse pour tout son entourage. Les parents ne peuvent évidemment se résoudre à penser qu’elle est irréversible. Leur attention et leur amour pour Claire ne suffisant pas à réveiller ses sens, ils vont dans les prochaines semaines tenter la méthode appelée des 3 I « Intensive, individuelle, interactive » (Son Rise). Eprouvée aux Etats Unis depuis une trentaine d’années, elle est aujourd’hui appliquée en France. Une association nationale « Autisme espoir vers l’école » a été créée.
C’est une technique de stimulation basée sur le jeu, le maintien permanent de l’attention. « Claire apprécie la compagnie, le jeu, ne se montre jamais agressive. C’est ce qui nous pousse à appliquer cette méthode ». Concrètement, il s’agit d’effectuer des exercices de stimulation de l’enfant pendant 6 heures par jour par séances d’1 heure 30, au total 35-40 heures par semaine. Elle nécessite donc une forte mobilisation autour des parents. « Nous recherchons à constituer une équipe d’une quarantaine de personnes (4 personnes par jour) pour effectuer un roulement ». Les qualités requises pour participer sont bien sûr d’accepter de consacrer 1 heure 30 par semaine, de la patience, de l’attention, de l’enthousiasme, aimer le contact et le jeu avec les enfants. « Nous allons lui dédier une pièce avec quelques aménagements, des jeux. En fait, un espace pour que l’enfant ne soit pas distrait, mais concentré sur les activités ».
Réalistes, les parents savent que le succès n’est pas toujours au rendez-vous, ni total, « mais dans plusieurs cas des progrès importants ont été révélés ». Leur espoir est par conséquent à la dimension du challenge. « Notre premier objectif est de lui permettre d’accéder à un minimum d’autonomie et ouvrir un espace de communication avec ceux qui l’entourent. Et si possible plus », concluent les parents.
Il faut désormais constituer le réseau, d’où cet appel à bénévoles de Laurence et François qui veulent démarrer au plus vite, début février. Plusieurs personnes ont déjà souhaité participer à cette thérapie. Pour mieux informer, les parents organisent une réunion d’information et d’organisation le samedi 24 janvier à 15 heures à la Salle du Foyer de logement d’Allineuc.
Pierre Dénès
Contact : Laurence et François Moisan 06 62 82 26 35 ou 06 99 72 87 52
Pour en savoir plus sur la méthode des 3 I
www.autisme-espoir.org
Repères
Réunion d’information : Samedi 24 janvier à salle du Foyer Logement d’Allineuc
Photo : Laurence et François Moisan avec leurs deux enfants Luc et Claire