
Le Syndicat national des accouveurs a été créé en 1974 pour défendre les intérêts des accouveurs orientés vers la ponte, la chair ou le foie gras dans toutes les espèces avicoles y compris le gibier à plumes. Il a un rôle fédérateur d'interprofession", résume Jean- Claude Amice, président du SNA depuis 2006.
Vision à long terme
La France compte environ 70 entreprises pour une centaine de couvoirs. Elles peuvent être familiales, spécialisées ou intégrées dans une organisation de production. Ces dernières années, elles se sont restructurées. Dix entreprises couvrent 80 % de l'activité française d'accouvage.
Une grande partie de la sélection avicole française est revenue dans les mains de groupes familiaux, français (Grimaud), néerlandais (Hendrix) ou allemands. "Cette évolution pourrait nourrir la réflexion dans l'accouvage. La gestion financière n'est pas suffisante, il faut une vision de développement à long terme et les groupes familiaux sont peut-être les mieux placés pour la mener à bien", estime le président du SNA.
Il reste dans la région une bonne douzaine de couvoirs contre une centaine, il y a 40 ans. "Nous avons besoin de soutien de la part des Pouvoirs Publics pour que les pouvoirs de décision restent dans les régions". Il est de l'intérêt des entreprises d'aval de préserver, dans la région, un bon tissu de couvoirs spécialisés qui puisse répondre en quantité et en qualité aux besoins en poussins de la filière avec toute la souplesse d'adaptation nécessaire.
Une qualité reconnue
Les accouveurs doivent maintenir leur compétitivité. "Nous produisons des poussins, un produit vivant et donc risqué", déclare Jean-Claude Amice. Les résultats techniques et économiques obtenus dans les élevages avicoles reposent sur la qualité du poussin d'un jour, au travers du savoir-faire de l'accouveur et des éleveurs multiplicateurs. "La qualité des poussins français est reconnue, comme le montrent les bons résultats obtenus à l'exportation. Encore faut-il que nous restions compétitifs".
La France a beaucoup avancé dans la maîtrise des salmonelles. "Nous sommes en Europe, parmi ceux qui ont fait le plus", souligne le président. "Les Pouvoirs publics doivent se limiter à l'application de la réglementation, sans vouloir aller au-delà, en multipliant les contrôles". Si les exigences s'accentuent, certaines entreprises auront du mal à suivre, notamment les couvoirs mixtes chair et ponte. D'autres ont des difficultés à organiser leur succession familiale.
Coller au marché
Ces problèmes entraîneront des difficultés de fourniture de poussins avec des risques d'entrée, en France, d'animaux en provenance des pays tiers. "Or, ces poussins ne sont pas soumis aux mêmes contraintes que les nôtres".
La situation peut évoluer rapidement. "Ainsi, jusqu'à présent, 50 % des dindonneaux d'un jour et des œufs à couver de dinde produits en France étaient exportés", rappelle Jean Champagne, délégué du SNA. "L'Allemagne était un gros client pour la viande de dinde et les dindonneaux. Elle devient maintenant productrice pour ses propres besoins. Elle importe de Pologne, ce qui lui manque, à un coût plus faible nos prix de revient français". En poulets, le marché est cyclique. Le Magreb, qui est un gros client, veut aussi produire ses propres poussins. "Nous devons coller au marché et nous adapter en permanence, en nous battant pour valoriser les volailles nées en France", déclare J.C. Amice.
Progresser ensemble
La compétitivité de la filière repose aussi sur l'équilibre entre prix de vente et prix de revient. Ces derniers mois, la hausse du prix de l'aliment a pesé sur les coûts. Une poule n'est adulte qu'à 6 mois et une dinde à 30 semaines. Elles ont consommé beaucoup d'aliment avant de produire des œufs à couver. La filière n'a pas pu répercuter ces surcoûts sur le prix du poussin. "Nous ne devons pas être une variable d'ajustement. Nos éleveurs multiplicateurs ont besoin d'une juste rémunération pour continuer à investir et à rester performant".
La Charte sanitaire du SNA date de 1997, elle est aujourd'hui largement reconnue. Cette charte évolue avec les besoins et les évolutions techniques. Une commission travaille sur le guide des bonnes pratiques. "Nous avons préféré retarder sa sortie de quelques mois pour avoir un guide qui émane véritablement de la profession", précise Jean Champagne. "L'objectif est de faire progresser l'ensemble de la filière accouvage".
Patrick Bégos
76 % du parc de multiplication dans l'Ouest
Selon l'enquête du SCEES de 2004, le parc de bâtiments "futures reproductrices" était constitué de 1 100 poulaillers pour 1 million de m2 et le parc consacré à la production d'œufs à couver de 2 400 bâtiments pour une surface de 2,3 millions de m2. 76 % de ce parc est dans l'Ouest : 56,2 % en Bretagne et 19,8 % en Pays de la Loire. La production de poussins (gallus) occupait 48 % de l'ensemble, la dinde 30 % et le canard 18 %.
Orienté vers l'exportation
Dans la filière ponte, environ 15 % des poulettes d'un jour éclos en France sont destinées aux marchés export sous forme de poulettes, ou après élevage, d'œufs en coquille ou d'ovoproduits. Dans la filière poulets de chair, 45 à 50 % des poussins d'un jour éclos en France sont exportés soit sous forme de poussins d'un jour ou après élevage, abattage et conditionnement, vers l'Union européenne (15 à 20 %) et vers les pays tiers.
Dans la filière dinde, plus de la moitié (55 %) des œufs à couver produits en France ont été exportés soit directement sous forme d'œufs à couver (27,4 %) soit sous forme de dindonneaux d'un jour (16,6 %), soit après élevage, abattage et découpe (11 %).
Photo : L'entrée des œufs dans un incubateur. La qualité du poussin d'un jour influe sur les résultats des élevages avicoles.