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LAIT / Une étude du Contrôle laitier - La machine ne peut pas se passer de l’homme
 

Leucocytes, mammites et robot. Le débat est récurrent dans les campagnes. Mais qu’en est-il exactement ? Bretagne Contrôle Laitier  Ouest apporte une partie de réponse aux questions fréquemment posées.
Pour autant, pas de conclusion hâtive. L’automatisation de la traite est compatible avec la bonne qualité du lait. Comme pour une installation de traite classique, c’est l’usage qui est fait de la machine dans son environnement qui est déterminant. « L’éleveur animalier est au cœur du système », s’accordent Elisabeth Beuzit et Jean-Yves Roquinarch, de Bretagne Contrôle laitier.


Des résultats un peu moins bons


Tout d’abord des chiffres relatifs à la campagne 2007-2008, récoltés dans 154 élevages robotisés de la Bretagne : « 77 % des VL dans les élevages robotisés obtiennent des comptages inférieurs à 300 000 cellules contre 79,2 % pour la moyenne », cite E. Beuzit avant de mettre le projecteur sur les comptages à plus de 800 000 cellules : « Ils représentent 9,4 % des VL pour les élevages équipés de robots, soit légèrement plus que les 7,3 % relevés sur le plan régional. Quant aux mammites, elles touchent 20 % des vaches traites au robot contre 18 % en moyenne dans les élevages laitiers du Finistère ». Cependant, ces tendances cachent des disparités importantes.
La mise en service d’un robot est souvent suivie d’une hausse des comptages cellulaires au cours des premiers mois. Elle est d’autant moins élevée que la situation de départ était bonne. Par la suite, la situation s’améliore dans certains élevages. Dans d’autres cas, elle reste dégradée.
Quelle interprétation de ces résultats ? « Comme dans un élevage classique, il faut analyser le bilan mammites/leucocytes pour faire la part entre réservoir mammaire et réservoir d'environnement », poursuit la responsable de l’enquête. « Cette analyse préalable est nécessaire pour savoir sur quel levier agir en priorité ». Une visite d'élevage permet ensuite de faire le tour des facteurs de risque propres à l’élevage.


6 règles à respecter


Reste qu’au-delà de l’analyse au cas par cas des installations, le Contrôle laitier trace des lignes de conduite à tenir par tous les utilisateurs de robots. Une rigueur que l’on peut résumer en 6 points :

1- Des vaches propres avec de bons aplombs
Pas de qualité optimale du lait sans des vaches rigoureusement propres. La conception et l’ambiance du bâtiment sont déterminantes. La circulation des animaux en dépend. « Pour arriver avec des mamelles propres au robot, les vaches ne doivent pas circuler sur des zones souillées ». Ce qui implique, par ailleurs, des raclages fréquents des zones de circulation. « En stabulation paillée, la solution qui consiste à faire attendre les vaches sur l’aire paillée avant de se rendre au robot est à proscrire ».

2- Un nettoyage
efficace des trayons
Certes le robot a du mal à nettoyer une mamelle sale aussi bien qu'une main humaine. « La programmation adéquate du nombre de nettoyages apporte une partie de la solution ».
   La tonte des mamelles y contribue aussi.

3- Des gobelets
désinfectés
entre chaque vache
« Aujourd’hui, des solutions techniques  existent : chimique ou à la vapeur », note Jean-Yves Roquinarch. « Elles peuvent contribuer à la baisse de la contamination entre vaches ». Le plancher du robot doit aussi être lavé régulièrement.

4- Régularité des passages sur 24 heures
Une vache qui passe irrégulièrement au robot peut connaître des pics de leucocytes. Si trop de traites fragilisent le trayon, des traites trop espacées favorisent la multiplication des leucocytes dans les quartiers. Un troupeau avec un nombre moyen de traites par VL et par jour satisfaisant (ex : 2,3 pour un troupeau) peut avoir de grandes irrégularités dans les intervalles de traite.

5- Fonctionnement
du robot
Comme n’importe quelle installation de traite, un robot exige une bonne maintenance et se contrôle régulièrement : pulsation, niveau de vide, changement des manchons – « Observer l’état des trayons est un bon critère de décision ». Par exemple, avoir l’œil sur les temps de traite moyens des VL est un bon indicateur de fonctionnement. Une dérive du temps moyen de traite doit interpeller.

6- La réactivité
de l’éleveur
Un robot lève l’astreinte de la traite biquotidienne, mais ne lève pas l’obligation d’observer ses vaches. Au contraire même, l’éleveur doit davantage naviguer au milieu de ses laitières et exercer « son œil d’éleveur ».
« Avec le robot, l'éleveur perd le contact 2 fois/jour avec sa vache. Il doit donc acquérir de nouveaux repères ». Il doit notamment apprendre à composer en mêlant les observations du troupeau et les données informatiques.
Pour le suivi individualisé des animaux, il dispose entre autres d'indicateurs sur son robot pour vérifier les niveaux cellulaires de chaque mamelle ou même de chaque quartier. « Il doit s'en servir pour être très réactif », insistent les responsables de l’étude. « Dès qu'une VL est en nouvelle alerte, il doit l'isoler et contrôler visuellement le lait de chaque quartier, voire effectuer un test CMT ». C’est ce qu’on appelle le savoir-faire…

Didier Le Du


 


Dès qu'une vache est en nouvelle alerte, l’éleveur doit l'isoler et contrôler visuellement le lait de chaque quartier, voire effectuer un test CMT.


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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Janvier 2009
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