
La nouvelle piscine de Questembert, dont l'ouverture est prévue pour 2010, sera équipée d'une chaudière à bois d'une puissance de 350 KW. 1200 m3 de plaquettes (bois broyé) seront nécessaires pour assurer l'approvisionnement de la structure de loisir. "La ressource dépasse largement les besoins", déclare Paul Paboeuf, le maire de la commune. En effet, le bocage du canton pourrait fournir plus de 10 000 m3 de plaquettes chaque année. De quoi chauffer quelques équipements de ce type dans le secteur. "Le projet s'inscrit dans une démarche de développement d'une filière locale", poursuit le maire. "La chaufferie utilisera les déchets verts collectés par les déchetteries, le bois d'élagage des collectivités, et surtout, le bois des haies agricoles". L'utilisation des déchets industriels n'est pas envisagée.
Mobiliser les agriculteurs
L'enjeu consiste donc à mobiliser les agriculteurs pour pérenniser l'approvisionnement de la chaufferie. Plusieurs groupements d'agriculteurs ont développé une telle activité de diversification en Bretagne. À Iffendic (35) un GIE a été créé pour approvisionner la chaudière d'une base de loisirs. Le bois est vendu 91 euros la tonne de matière sèche. Un kilomètre de haie bien fournie permet de récolter 3 tonnes de matière sèche chaque année, soit 15 m3 de plaquettes. Le succès de la formule a encouragé la commune à équiper deux autres collectivités en chaudières à bois. Dans le secteur de Questembert, une enquête est en cours pour évaluer la ressource dans chaque exploitation, intéressée par le projet*.
Les modalités de gestion des travaux ne sont pas encore définies. Le stockage collectif peut être privilégié sur une plate forme nouvelle ou dans des bâtiments agricoles réhabilités. "La gestion de la filière est plus facile en cas de stockage collectif. Sinon, la dispersion nuit à l'offre et à la qualité du bois", affirme Céline Martin, chargée de mission filière bois-énergie, Accueil Emplois Services d'Elven. Le travail est complexe. "Le transport, la réception, le séchage, la gestion des stocks et de la qualité et des commandes sont à effectuer".
Entreprise d'insertion
Les initiateurs du projet souhaitent créer une entreprise pour assurer un développement durable avec un volet économique, social et environnemental. "Nous souhaitons aller au bout de la logique et créer une entreprise d'insertion des personnes en difficulté. Le coût de revient du chauffage est un peu plus élevé mais l'impact sur l'économie locale, sur le patrimoine et la qualité de l'eau sont à prendre en compte", reprend Paul Paboeuf. Cette entreprise, à côté des Cuma et des ETA, préparera les chantiers de déchiquettage, gérera les bois de haies des agriculteurs ou des propriétaires forestiers, la plate forme de stockage et les livraisons de plaquettes.
Bernard Laurent
Photo : Une enquête est en cours pour évaluer la ressource dans chaque exploitation intéressée par le projet de vente de bois de haie bocagère dans le secteur de Questembert
* http://projet.boisenergie56.free.fr