La première évaluation du Programme de Maîtrise des Pollutions Agricoles (PMPOA), menée par le ministère de l’Agriculture en lien avec l’Institut de l’Elevage, a montré combien l’adhésion des éleveurs a été forte, grâce, notamment au dispositif d’accompagnement technique mobilisé par la profession », commente la Chambre d’agriculture. « Les investissements réalisés ont permis de constater des améliorations notables sur la qualité de l’eau et le raisonnement des pratiques agronomiques ».
Avant le 31 décembre 2009
Toutefois, dans le Finistère, sur un total de 1 960 Dexel du PMPOA 2, seuls 367 dossiers ont été soldés. Le délai légal de fin de travaux étant fixé au 31 décembre 2009, il est important de faire un point avec chaque éleveur concerné afin d’évaluer les situations individuelles, et de mettre en évidence les difficultés rencontrées. A cet effet, la Chambre d’agriculture du Finistère, en partenariat avec les organisations économiques, réalisera début 2009, une enquête téléphonique auprès des exploitants concernés.
Outre le recueil d’intentions sur le calendrier de réalisation des travaux, cette opération a aussi pour but de sensibiliser les agriculteurs sur les conséquences financières (pertes de DPU, amendes,…) que pourrait avoir la non-conformité de leurs installations après la fin 2009.
Les résultats de cette enquête permettront également de dégager les pistes de solutions à creuser pour les agriculteurs qui exprimeraient des besoins d’appuis complémentaires.
André Sergent, président de la commission Environnement à la Chambre
"Il est de notre devoir d'alerter les éleveurs"
Que pensez-vous du programme de mise aux normes des élevages ?
Sur les exploitations agricoles les PMPOA 1 et 2 ont permis, grâce à l’amélioration de la collecte des effluents et à l’accroissement des capacités de stockage, de mieux répartir les apports d’effluents sur les cultures et de supprimer les rejets directs. En soi, cela représente une marge importante de progrès sur la qualité de l’eau comme l’atteste la baisse significative des teneurs en nitrates.
Pensez-vous que les efforts sont à poursuivre ?
Oui. Grâce au PMPOA, les éleveurs ont réfléchi à des solutions techniques à mettre en place chez eux pour limiter les effluents produits. Cela a été le fait déclencheur d’une prise de conscience des problèmes qu’ils avaient à régler dans leurs exploitations et pour l’environnement. Toutefois il reste des agriculteurs qui, pour une raison ou une autre, et bien qu’engagés dans le programme avec la réalisation de leur Dexel, sont restés en panne dans les procédures et la réalisation des travaux. Il est donc de notre devoir de les alerter et de comprendre les raisons de ce retard pour pouvoir les aider.
Qu’attendez-vous de cette enquête ?
Face au nombre important d’éleveurs, 1 360, nous avons décidé de piloter l’opération mais aussi de nous appuyer sur les conseillers des laiteries qui feront le point avec leurs adhérents, préalablement ciblés.
L’aide des laiteries nous paraît intéressante à deux titres. D’une part, ils pourront sensibiliser les agriculteurs sur l’importance des mises aux normes pour la viabilité économique des exploitations, d’autre part ils pourront mettre en évidence les besoins d’accompagnement plus spécifiques à prévoir.
Vous avez prévu des échéances assez courtes pour cette enquête…
Oui parce que ce début d’année va voir aboutir un certain nombre de discussions : Directive Nitrates, SDAGE, Grenelle de l’environnement. Face aux pouvoirs publics, il faut que nous puissions mesurer très précisément ce qui reste à faire en termes de mises aux normes pour adapter notre conseil technique et cibler notre appui vers les exploitants en plus grande difficulté. Dans le même temps, il est impératif que la majorité des agriculteurs comprennent que c’est dans leur intérêt d’achever les travaux pour la fin 2009, date imposée par les services de l’Etat.
Compte tenu du contexte économique, n’avez-vous pas peur que les éleveurs ne vous entendent pas ?
Je suis bien conscient des difficultés liées au contexte économique. C’est peut-être un frein à court terme, mais ce problème est conjoncturel et il est important que les éleveurs se projettent dans l’avenir et construisent les bonnes bases pour un outil de production compatible avec les exigences sanitaires de demain.
Il faut aussi rappeler un point positif en ce sens que, généralement, les mises aux normes des élevages s’accompagnent d’une amélioration du fonctionnement de l’exploitation et des conditions de travail.