
Le premier marché du porc de l'année s’est soldé par une baisse de 0,3 centime à 1,080 euro. Ce ne serait pas dramatique, si ce recul ne s’inscrivait pas dans une tendance baissière amorcée en septembre. Le prix était alors de 1,45 euro. Il donnait espoir à des producteurs qui subissaient depuis plusieurs mois une terrible hausse du prix des matières premières et de l’énergie. Mais depuis plus de 4 mois, les cours ne cessent de se replier. Et même si les coûts de production ont aussi été réajustés, le prix de l’aliment a baissé ainsi que celui de l’énergie, pour les éleveurs c’est toujours la crise. Et au final, le décalage entre coût de revient et prix payé est estimé à 15 centimes d’euro par kg de carcasse sur l’année écoulée.
Dans son analyse le MPB met en évidence plusieurs facteurs qui ont influé sur le marché, provoquant des perturbations : une parité euro/dollar défavorable aux opérateurs européens, la crise financière et plus particulièrement certaines dévaluations de pays importateurs, la gestion du stockage privé qui a freiné la remontée des cours au premier semestre.
Production européenne en baisse
L’inquiétude est d’autant plus grande que cette baisse du prix intervient dans un contexte européen de réduction de la production qui aurait reculé de 1,5 %. Un effet d’une décapitalisation dans plusieurs pays, notamment à l’Est. Par contre l’Allemagne, principal producteur européen progresse de 4 %. Il confirme sa position de marché directeur, profitant de sa situation géographique au cœur de l’Europe. Le Grand Ouest français maintient sa production et progresse même légèrement, moins de 1 % sur la zone Uniporc. Mais la Région souffre de la pression de la Grande distribution ainsi que de sa position excentrée avec des coûts de transport élevés, d’où la levée de bouclier contre l’écotaxe. L’offre sur les grands marchés paraît encore trop atomisée, ceci malgré les derniers regroupements.
Pour 2009, les prévisionnistes se montrent évidemment plus réservés qu’au printemps. Tirant les leçons d’une année qui a montré que de multiples critères peuvent venir contrecarrer des évolutions à un certain moment plausibles, voire quasi évidentes. Personne ne prendra aujourd’hui le risque d’annoncer du porc à 2 euros, car les éleveurs apprécient peu ce genre de prévisions, surtout lorsqu’au final il est plus près de 1 euro. La tendance est d’autant plus délicate à déterminer que la crise financière et désormais économique est passée par là. Nul ne sait si la consommation sera au rendez-vous, et comme toujours c’est l’équilibre européen et mondial entre offre/demande qui déterminera le prix.
Pierre Dénès