
La Cuma des Trêves est née d’une volonté de 6 adhérents désireux de s’engager dans une traction commune avec chauffeur. En 2002, un hangar commun avec la commune sort de terre. Sur les 350 ha travaillés par les adhérents, 300 ha sont autour du hangar, le reste se trouve dans un rayon de 5 km.
En 2006, l’objectif de tous est d’améliorer leurs conditions de vie et de travail, ainsi que répondre à l’obligation de la mise aux normes phytosanitaires. Pour eux, leur système « doit être le plus efficace possible et passe donc par l’optimisation et le regroupement des travaux ». Ils rencontrent alors une Cuma déjà bien avancée sur la banque de travail et l’assolement en commun.
À chacun son travail
En prolongement, les adhérents décident de créer un GIE pour regrouper tous leurs achats d’intrants (semences, engrais et phytos), mais aussi pour gérer leur banque de travail, établir leur plan de fumure et plan d’épandage.
Depuis, le groupe s’est organisé et chacun a un rôle bien déterminé dans la Cuma. Les adhérents travaillent en binôme. Deux responsables pour la culture du blé, deux autres pour le maïs. Une fois par an, en septembre, ils se retrouvent autour d’une table pour élaborer leurs itinéraires techniques.
Les cultures de chacun sont conservées sur leur terre en propre. Il n’y a pas pour l’instant de mise en commun des parcelles et donc regroupement des cultures dans un secteur. L’autorisation d’exploiter n’est pas encore commune. « La DDA refuse pour l’instant d’avancer sur ce point ». Un échange se fait toutefois au niveau de la culture de pomme de terre.
Simplifier les démarches
Sur l’ordinateur de la Cuma, la secrétaire centralise les plans de fumure de chacun et connaît ainsi les quantités d’effluents à apporter sur chaque parcelle. « Cela est possible par un investissement commun dans un logiciel adapté ».
Le salarié réalise les gros travaux (labour, fumier et lisier). Le semis est réalisé par un adhérent « responsable semis » qui passe chez chacun semer. Un autre s’occupe des épandages d’engrais pour toute la surface et un troisième réalise tous les traitements phytosanitaires.
« Les adhérents suivent les consignes des deux responsables de la culture blé. Pour cela, une vraie relation de confiance s’est installée entre eux. En effet, il faut que chacun accepte que le voisin prenne en main l’ensemble des traitements phytosanitaires ».
Se remettre en question
Cette mise en commun a permis de rationaliser les temps de travaux et de spécialiser les tâches de chacun. « Le gain de temps est réel et l’économie financière aussi ». Si un adhérent est malade, ses interventions culturales seront réalisées par un autre. « Ce système est sécurisant pour tous », en conviennent les responsables, se définissant comme « un très bel exemple de mutualisation ».
Cette façon de travailler est, bien sûr, facilitée par le parcellaire regroupé, mais aussi par des productions et des parcelles relativement homogènes. Reste que cette organisation commune n’aurait pas été possible « sans une très bonne entente et une relation de confiance. L’esprit cumiste a ici toute sa place ». Sans oublier cette nécessité d’avoir envie d’aller de l’avant et l’ouverture d’esprit indispensable « pour réussir le pari d’une mécanisation réfléchie ».
Alain Lautrec,
FDCuma
Photo : Le film réalisé sur la Cuma des Trêves, au Tréhou, a séduit le jury du Grand Prix Cuma. La banque de travail de ces agriculteurs finistériens a obtenu le 2e prix national.