
Compte tenu de la mise aux normes des bâtiments bovins, j'ai préféré arrêter la production laitière (20 vaches) et me spécialiser en volailles, en choisissant la production Label Rouge. C'est un produit de qualité, qui correspond bien à la demande des consommateurs", explique Pascal Lequeux, de Mohon (56). Seul sur l'exploitation, il produit déjà des volailles certifiées, des dindes et exploite 57 ha SAU.
Obligation de parcours
Le souhait de spécialisation de l'éleveur a pu se concrétiser grâce au partenariat avec le groupement "Aviculteur Briochin", qui cherche des éleveurs compétents pour faire face à la progression de la demande en Label Rouge et renouveler son parc de poulaillers, notamment dans le Centre-Bretagne.
"J'ai construit deux poulaillers de 400 m2, pour du poulet Label Rouge mais aussi d'autres volailles comme la pintade ou le chapon, pour pouvoir alterner les lots et réduire le microbisme". Les bâtiments ont été montés dans une parcelle située à 800 m du siège de l'exploitation, à cause du parcours de 1,20 ha nécessaire à chaque poulailler.
Economie sur la coque
"Dans ce projet, mon objectif était de maîtriser les coûts, tout en équipant le bâtiment de matériel performant", explique Pascal. "Pour la coque, mon choix s'est porté sur une structure "Triangle" type "demi-lune", plus économique. En label, le poulailler sert surtout de poussinière, car les animaux sortent à partir de 42 jours". Le bâtiment est composé d'une structure métallique recouverte d'une bâche. L'isolation en laine de verre est identique à celle d'un poulailler classique et les parois sont en "panneaux sandwich". Le coût est globalement inférieur de 30 % à un coque classique. Le renouvellement de la bâche interviendra tous les 15 ans pour un coût d'environ 7 euros/m2.
L'équipement intérieur comprend une chaîne d'alimentation Multibeck pour éviter le gaspillage et obtenir un bon indice, grâce à une sous-assiette de démarrage et une assiette de croissance. Le matériel d'abreuvement (Baravi) est multi-espèces avec des coupelles à niveau constant. Des tubes inox et un concept de reminéralisation de l'eau, en plus de la chloration, permettent d'avoir un abreuvement de qualité.
Le bâtiment sera chauffé par des radiants sol-air. L'un des poulaillers comprend un système de récupération de chaleur avec deux turbines. L'air qui sort (humide à 30 °C), réchauffe l'air entrant (sec et à 24 °C), d'où une économie substantielle d'énergie.
Confort de travail
L'éleveur a également souhaité s'équiper d'un système Avitouch de Tuffigo, pour réguler la ventilation, la température, l'hygrométrie. "Ces nouveaux équipements sont intéressants dans une démarche de qualité Label, pour maîtriser la conduite du lot, récupérer et conserver les informations techniques", explique Marc Le Bail, technicien du groupement. L'évolution du poids des poulets est contrôlée par des pesons électroniques reliés à une imprimante dans le magasin. Les trappes de sortie s'ouvriront automatiquement dès 9 heures, quand les poulets auront plus de 42 jours, (conformément au cahier des charges Label).
Le coût de chaque bâtiment avoisine 65 000 euros HT, auquel il faut rajouter les travaux de viabilisation (eau, électricité et tranchée de 800 m). Le groupement a octroyé une aide de 15 euros/m2. Une partie de l'investissement a été autofinancée, l'autre est remboursée sur 12 ans, ce qui représente environ 17,50 euros/m2/an.
Se situer dans les meilleurs
Les contraintes du cahier des charges précisent la densité (4 300 animaux pour 400 m2). L'indice de consommation devrait se situer, en moyenne à 2,95 pour un poids minimum de 2,100 kg, à 83 jours. Ce qui peut varier, c'est le vide sanitaire et la rotation des lots. "En 2008, les éleveurs du groupement ont réalisé 3,3 lots et notre objectif est de 3,4 lots pour l'année 2009", souligne Marc Le Bail.
Les 25 % meilleurs élevages dégagent des marges PA (poussin-aliment) de 11,50 euros/m2/lot, soit 39 euros/m2/an pour 3,4 lots/an, ce qui équivaut à une marge brute de 31 euros/m2/an. Cet objectif devrait être atteint par Pascal Lequeux, compte tenu de son expérience avicole et des équipements installés dans les poulaillers. "C'est une opportunité à saisir", confie l'éleveur. "Mais, compte tenu des remboursements d'annuités, il faut considérer cette production comme un revenu venant compléter celui des autres productions".
Patrick Bégos
Photo : Pascal Lequeux (au centre) a construit deux poulaillers de 400 m2 pour produire de la volaille Label. Il est entouré de Marc le Bail, de l'Aviculteur Briochin (à gauche) et de Vincent Sépulchre, de Triangle.
Deux heures par jour
"Pour une conduite de lot de 0 à 81 jours, en incluant la vidange, le nettoyage, la désinfection et la préparation du lot suivant, il faut en moyenne 1 heure par jour et par bâtiment de 400 m2, avec des périodes plus exigeantes que d'autres", estime Marc Le Bail. "L'arrêt des vaches laitières dégagera le temps disponible et les contraintes seront moindres", confie l'éleveur. "Dans le choix des équipements, j'ai privilégié le gain de temps et le confort de travail".