
Avant l'utilisation d'huiles essentielles, les résultats de fertilité étaient irréguliers. De 100% de truies pleines sur une bande, ils pouvaient passer à 50% la semaine suivante", déclare Pascal Gouret, en charge de l'atelier de 230 truies, conduit à la semaine. Les problèmes sanitaires sur l'élevage datent de la MAP, il y a quelques années. "Nous avions du mal à redresser les résultats de prolificité. Les truies étaient sales et avaient un poil rêche". La production laitière était également affectée. "Nous avions beaucoup de mal à conserver des porcelets sous les mères et les diarrhées à 6 jours étaient récurrentes". Les changements de gamme d'aliment en gestante ou en allaitante n'y feront rien. Les cures préventives d'antibiotiques non plus. Tous les six mois au début, tous les quatre mois par la suite. "J'avais l'impression de devoir traiter en permanence, sans résultats réellement satisfaisants".
Meilleure production laitière
En 2005, Pascal contacte Jean-Jacques Renaux, ancien éleveur ayant créé une société de conception et de vente de suppléments nutritionnels à base d'huiles essentielles. "J'ai fait un essai avec une huile essentielle censée agir sur l'équilibre intestinal. L'état des truies s'est amélioré mais le problème de diarrhées, surtout en post sevrage, subsistait". Encouragé par ce début d'amélioration, Pascal Gouret s'est décidé à travailler sur la base du protocole conseillé par Jean-Jacques Renaux, à savoir l'utilisation d'un second produit complémentaire, renforçant les défenses naturelles. "Depuis l'incorporation des deux suppléments alimentaires dans la ration, les problèmes ont disparu". Le taux de fertilité irrégulier des années antérieures à 2006 est aujourd'hui à 91% (année 2008). Le nombre de sevrés (11,44) a augmenté d'une unité en deux ans. "Surtout, ce sont les truies qui sèvrent leurs porcelets". Les poids de sevrage sont supérieurs. Les diarrhées sous les mères et en post sevrage ont disparu. "Pour des raisons d'économie, j'ai bien sûr tenté d'arrêter la supplémentation en huiles essentielles. J'ai préféré reprendre le protocole. Il sécurise les résultats".
Coût de revient
À 17 euros par truie et par an, l'investissement est considéré rentable par Pascal Gouret. L'un des produits est donné aux truies, manuellement, en cure de cinq jours, quatre semaines avant la mise bas. Ce supplément nutritionnel est également donné aux porcelets au sevrage pendant cinq jours. Une deuxième cure est réalisée quinze jours plus tard. Ce supplément revient à 32 centimes par porcelet. Le second produit est incorporé directement dans l'eau de boisson, à la pompe doseuse, pour l'ensemble de l'élevage. "La distribution des suppléments ne prend pas beaucoup de temps. Par rapport aux traitements antibiotiques et au confort moral, c'est même un gain de temps appréciable". Depuis deux ans, les cures d'antibiotiques ont été supprimées. Les truies, en bon état, consomment 1160 kilos d'aliment (1250 kilos auparavant). L'état sanitaire de l'ensemble de l'élevage s'est stabilisé. Pour Pascal Gouret, sans pouvoir l'expliquer de manière scientifique, les huiles essentielles y sont pour beaucoup.
Bernard Laurent
Photo : Pascal Gouret, à droite, en compagnie de Jean-jacques Renaux de la société Dinastim à Quévert (22).