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L’accord intervenu au sein de l’interprofession laitière reste toujours en travers de la gorge des responsables de l’OPL. Ils veulent poursuivre le combat en s’appuyant sur l’EMB (European Milk Board) organisation européenne qui rassemble des syndicats d’une quinzaine de pays. « Cette baisse est insupportable au moment où nos charges augmentent » explique Jean Louis Naveau, président de OPL et producteur dans la Sarthe qui rejette la responsabilité sur les responsables de la FNPL, « les seuls à représenter les producteurs dans l’interprofession et qui, avant la tenue de la réunion, parlaient de baisse acceptable ».
Grève du lait, ultime moyenC’est justement ce qui est inacceptable pour l’OPL. Elle ne comprend en outre pas que l’Europe et la France persistent à vouloir produire plus au risque de provoquer un déséquilibre des marchés et une baisse de prix pour les producteurs. « Le marché mondial n’est pas fait pour nous. Il faut ajuster l’offre européenne à la demande et maintenir la préférence communautaire ». Erwin Schopgelfs, producteur de lait dans les Ardennes belges, livreur à une entreprise allemande, acquiesce. Il a participé à la grève du lait du printemps dans plusieurs pays européens. « C’est le moyen de pression ultime ». Il juge que ce n’est d’ailleurs pas le moment de faire la grève, « mais il faut la préparer pour le printemps, si nécessaire ». Et évoque sa situation personnelle. « Je me suis installé, il y a une vingtaine d’années, avec un quota de 150 000 litres, en multipliant par deux tous les 10 ans ma production, en voyant disparaître la plupart de mes voisins. Aujourd’hui j’ai un quota de plus de 500 000 litres et je suis au même stade. Les mêmes experts m’expliquent qu’il faut encore augmenter ma production ». Une spirale infernale qu’il n’accepte plus.
Unité européenneSon crédo comme celui de Stéphan Lehmann, producteur allemand également présent à Loudéac, c’est une bagarre sur le prix et la maîtrise de la production. S’opposant a quelques-uns de leurs collègues de la région flamande qui sont prêts à produire à n’importe quel prix. « Nous voulons “européaniser” le combat sur le prix du lait, et poursuivre la mobilisation ». Constatant que le prix bas ne permet pas de mobiliser les producteurs, mais au contraire les démotive. En France, la démarche de l’OPL s’inscrit donc dans la durée au sein de l’EMB qui se veut une alternative pour ceux qui refusent la baisse du prix. Le premier objectif est d’informer et de sensibiliser les producteurs autour du prix et de l’adéquation de l’offre à la demande. « Les Français sont attendus sur ces deux dossiers, car il faut une unité européenne des producteurs pour aboutir », concluent les responsables. Affaire à suivre…
Pierre Dénès
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