Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Fourrages / À l'Earl Jagorel à Mohon - Du foin de haute qualité à la base de l’alimentation
 
Les 424 000 litres de lait bio, chez les époux Jagorel à Mohon, seront désormais produits à base de foin. Exits les maïs fourrage, betteraves et compléments azotés. Place au foin de haute valeur nutritionnelle, riche en protéines. L'herbe de l'année a été séchée en grange dans un bâtiment conçu, en début d'année 2008, à cet effet. "Le hangar est monté sur deux anciens silos couloirs. Il est séparé en trois cellules de séchage pouvant contenir 300 à 400 tonnes de foin, au total", déclare Guenaël Jagorel. 147 000 euros pour le bâtiment et l'aménagement intérieur, auxquels il convient d'ajouter les prix de la griffe, des deux ventilateurs et de l'autochargeuse. 224 000 euros au total. Le prix à payer pour assurer l'autonomie alimentaire du troupeau. "Déduction faite des subventions, l'équipement revient à 46 euros des 1000 litres".
Guenaël Jagorel estime à 10 centimes aux 1000 litres, au minimum, les économies réalisées sur la partie récolte d'herbe. "600 rounds en Cuma et une vingtaine d'hectares d'ensilage d'herbe dans l'année". Les cultures seront abandonnées à l'exception de quatre hectares de céréales, conservées pour fournir l'énergie nécessaire à l'équilibre de la ration. La période de pâturage est limitée sur l'exploitation. "Les terres sont humides en hiver et sèches en été. Les laitières ne sont en pâturage exclusif que deux mois dans l'année". Les céréales sont distribuées d'octobre à mai, à raison de deux kilos par jour (450 kilos par an). L'Earl vise une production de 6000 kilos par vache. "Pour ce premier hiver de fonctionnement du nouveau système, j'enregistre un point supplémentaire de taux protéique", poursuit l'éleveur. Les génisses sont nourries exclusivement au foin en hiver.

Des brins de 15 à 20 centimètres

Le système de séchage est simple. L'air est réchauffé naturellement par le soleil dans un sous plafonds entre la toiture noire et des plaques de contreplaqués (ou isolants). Cet air est aspiré et réinjecté par des ventilateurs sous les cellules de séchage (caillebotis en bois). "Le gain en période de récolte est de 4 à 10° C (au-dessus de la température de l'air ambiant), selon l'ensoleillement". L'air réchauffé sèche progressivement le fourrage, en le traversant de bas en haut. "Il faut travailler par couches d'1,5 à 2 mètres (une douzaine d'hectares environ en première coupe) au maximum, pour bien sécher le fourrage. D'autres couches successives peuvent ensuite être séchées, par dessus". L'herbe est placée en cellules à 50-60% de matière sèche environ (48 heures au champ après la coupe et deux fanages). "L'autochargeuse doit couper des brins de 15 à 20 cm pour éviter la prise en paquets difficiles à sécher, surtout en présence de luzerne", précise Denis Bertrand, président de Segrafo et éleveur à Monfort sur Meu (35). La récolte débute idéalement en fin avril à un stade précoce pour conserver la valeur alimentaire de l'herbe.

Des heures de tracteur en moins

A l'Earl Jagorel, le foin n'est pas distribué par la griffe en direct aux animaux. L'étable se situe dans le prolongement du hangar de séchage mais son toit est plus bas. "Je pourrai le surélever à l'avenir", déclare Guenaël. Pour le moment, la distribution est réalisée à la mélangeuse devant les cornadis. Les refus sont quasi inexistants. L'éleveur avoue manquer de recul sur les incidences zootechniques mais
se satisfait déjà des conditions de travail. "Beaucoup moins d'heures de tracteur même si l'évolution vers un système de production à l'herbe était amorcé depuis quelques années".

Bernard Laurent

Photo : Gwenaël Jagorel a évolué progressivement vers un système herbe. Le séchage du foin en grange
en est la dernière étape.  

 


Investissement et coût de fonctionnement

Bâtiment et aménagements intérieurs : 147 000 euros
Griffe et ventilateurs : 38 000 euros
Autochargeuse : 38 000 euros
Étude : 1 000 euros
Total : 224 000 euros
Subventions : 14 000 euros
Total investissement : 210 000 euros
Coût de fonctionnement (électricité ventilation) : 1 500 euros/an

 

 

 



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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 25 Décembre 2008
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