
A 23 ans, Damien Le Crom est le dernier salarié embauché par Solutis Emploi. "Je ne trouvais pas de temps plein correspondant à mon profil et à mes conditions", affirme Damien, titulaire d'un BTS ACSE et d'une licence professionnelle. Désireux de travailler en exploitation après une expérience de comptable dans le Finistère, il s'est adressé à l'AEF de Vannes. "L'AEF m'a orienté vers le groupement Solutis, que je ne connaissais pas. Le principe m'a intéressé". Restait à trouver un emploi chez des exploitants de la région de Moréac, son lieu d'habitation.
"Nous avions une demande de deux éleveurs laitiers de Naizin", déclare Nicolas Le Cadre, responsable du groupement Solutis. "Ils souhaitaient chacun un salarié à quart temps". Indépendamment, une exploitation laitière de Noyal Pontivy, adhérente au Sérémor, souhaitait une embauche à mi-temps plutôt qu'un remplacement à temps complet. "Notre rôle est de répertorier toutes les demandes. Ensuite nous essayons de regrouper celles qui peuvent s'avérer complémentaires". Le recrutement n'intervient qu'à l'issue de cette étape. "Damien correspondait au profil recherché par ces éleveurs. Il a rencontré les trois exploitants individuellement. Chacun a pu se faire son opinion". Compte tenu de son expérience, Solutis lui a proposé un contrat à durée indéterminée, au mois d'octobre, avec une période d'essai d'un mois.
L'importance de la communication
"Le planning de travail est régulier", reprend Damien. "Le lundi, je travaille chez Philippe Corbel, à Naizin. Le vendredi, chez Dominique Le Crom. En milieu de semaine, je suis à Noyal, pendant trois jours". La prise en main a été rapide. Le relationnel est primordial. "Il faut une bonne organisation dans la communication, notamment pour les consignes". Damien fait la traite du soir dans les trois troupeaux. "C'est le meilleur moyen pour connaître toutes les vaches. Le tableau de consignes est bien renseigné. J'ai aussi un bloc note par exploitation". Le remplacement des éleveurs pendant leurs congés en sera facilité. Un relevé de présence, signé par le salarié et l'exploitant, est expédié en fin de mois au groupement.
Pour les exploitants, adhérents de la structure, le fonctionnement est simple. L'accord avec le groupement est conclu par un contrat de mise à disposition. Ils reçoivent une facture dont le montant est calculé en fonction de la rémunération du salarié. "Entre 115 et 160 euros la journée". En cas d'absence ou de départ du salarié, un remplacement est effectué. Pour le salarié, la pérennité du contrat de travail offre une véritable sécurité. Les rapports avec les exploitants sont facilités car débarrassés des démarches administratives.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Dominique Le Crom, éleveur, Damien Le Crom, salarié et Nicolas Le Cadre de Solutis Emploi