
Au printemps 2008, le Collectif OGM 35 s’est mobilisé pour défendre "le droit de produire et de consommer sans OGM", acté lors du Grenelle de l’environnement. "Au final, la loi adoptée en juin 2008 prétend organiser une "coexistence" entre filières OGM et non OGM, pourtant reconnue comme impossible si l’on veut préserver des filières sans OGM", ont précisé les acteurs du collectif lors d'une conférence de presse, le 16 décembre à la mairie de Vignoc.
Interpeller les 353 mairies d’Ille-et-Vilaine
Sans attendre les décrets ou arrêtés d’application de la loi, le collectif OGM 35 a décidé d’interpeller les 353 mairies d’Ille-et-Vilaine pour les inciter à prendre position une nouvelle fois (depuis 6 ans, un courrier du collectif OGM 35 leur est envoyé dans le but de lutter contre les OGM alimentaires).
Comme rappelé lors de la conférence de presse, les communes peuvent prendre 3 types de décisions simples en réaction aux incertitudes posées par les OGM alimentaires. Une délibération du Conseil municipal et/ou un cahier des charges interdisant les OGM dans les cantines municipales oblige les fournisseurs qui répondent aux appels d’offre d’approvisionnement ou aux gestionnaires des cantines de fournir des garanties sur la provenance des aliments proposés (à condition d’inscrire cette exigence dans le cahier des charges).
Une délibération du Conseil municipal émettant le vœu qu’il n’y ait pas de cultures OGM en plein champ sur le territoire communal, qui n’est pas suivie d’un arrêté, permet aux élus locaux de défendre les agriculteurs labellisés ou conventionnels sans OGM de la commune. Autre action possible : une délibération du Conseil municipal émettant le vœu que le "sans OGM" corresponde à des produits ne contenant pas de traces d’OGM. "Ces décisions sont légales et ne peuvent être contestées devant les tribunaux".
Porter le débat sur la place publique
Certains maires ont pris des arrêtés d’interdiction de la culture d’OGM en plein champ sur leurs territoires. Ces arrêtés d’interdiction sont jugés illégaux par les tribunaux administratifs. "La plupart des mairies qui ont pris ce type de décision l’ont fait délibérément afin de porter le débat sur la place publique et de montrer leur impuissance pour défendre leurs citoyens". Par ailleurs, certains conseils municipaux ont décidé d’aller plus loin sur l’approvisionnement des cantines en décidant d’exclure les produits (lait, fromages, œufs, viande...) provenant d’animaux nourris avec des aliments OGM.
Le collectif OGM 35 a rappelé ses raisons de s'opposer aux OGM : "Ils ne présentent toujours aucune utilité pour les consommateurs. 99% des plantes transgéniques cultivées dans le monde sont des OGM pesticides (résistance à un herbicide, sécrétion de toxine insecticide). Par ailleurs, les contaminations sont mal maîtrisées. La seule mesure présente dans le texte "pour éviter la présence accidentelle d'OGM dans d'autres productions" consiste à mettre en place des "distances - de sécurité - entre cultures". C'est oublier que l'essentiel des contaminations a lieu lors des récoltes, du transport, du stockage et de la transformation des aliments". Le collectif dénonce aussi une information insuffisante : "le consommateur n'a toujours aucun moyen, via l'étiquette, de savoir si le lait, la viande, les fromages... qu'il consomme proviennent d'animaux nourris ou non aux OGM".
Photo : Le collectif OGM 35 dénonce notamment le manque d'information sur l'alimentation des animaux : avec ou sans OGM.