
L’urée alimentaire, correcteur azoté bon marché, ne fait plus partie des "produits azotés" pouvant être ajoutés en l'état dans l'auge des animaux. Depuis le 1er janvier 2008, l'urée est considérée comme un additif et ne peut plus être utilisée en l’état. Les éleveurs sont donc privés d'une source d’azote bon marché : moins de 1 € les 1 443 PDIN/kg.
Rappelons que certains "produits azotés", dont l’urée, sont en effet passés dans la catégorie des additifs. Après une période de transition qui s’est achevée le 31 décembre 2007, l’application du règlement "Paquet Hygiène" (CE 183/2005) conditionne l’achat, la détention et l’utilisation d’additifs en l’état pour l’alimentation de leurs animaux. Pour utiliser de l’urée en l’état les éleveurs, disposant d’un enregistrement (n° Siret), doivent mettre en place une méthode basée sur les principes du HACCP (analyse de dangers – maîtrise des points critiques) en vue de maîtriser la quantité d’additif distribuée par animal. Cette méthode est lourde à mettre en oeuvre au niveau de l’élevage.
Utiliser les aliments complémentaires
La solution consiste donc à utiliser des aliments complémentaires contenant suffisamment d’urée (environ 80% ou plus). Sachant que l’urée est également présente dans certains aliments concentrés (correcteurs protéiques, concentrés de production) pour augmenter leur teneur en matière azotée (quelques points d’urée ; de l’ordre de 2 à 5 % en général).
Les éleveurs peuvent distribuer à leurs animaux des aliments concentrés du commerce contenant de l’urée, sauf interdiction spécifiée comme c’est le cas, par exemple, dans divers cahiers des charges de la production de viande bovine sous label ou d’appellation d’origine en production laitière. Par ailleurs les distributeurs d’aliments qui ne sont pas agréés (par la DDSV) ne peuvent pas vendre de l’urée en l’état.
Le taux d’incorporation d’urée est indiqué sur l’étiquette, bon de livraison ou facture. L’utilisation d’un tel concentré doit être accompagnée des mêmes précautions que celles prises pour l’urée : distribuer la quantité adaptée aux besoins du lot d’animaux, en même temps que d’autres aliments tels que des fourrages ou la ration mélangée (sans dépasser 250 g/jour pour une vache laitière).
L’estimation de la valeur de l’aliment se fait à partir de la lecture de l’étiquette. Ainsi un aliment en contenant 80 % apportera par l’urée 1 154 g PDIN/kg d’aliment (1 443 g x 0,8).
Faire les calculs
Des aliments, tels que des correcteurs azotés ou des concentrés de production, contiennent quelques "points" (%) d’urée. Dans ce cas, l’urée incorporée est là pour équilibrer l’aliment ; cette urée ne permet pas de corriger une ration.
On trouve de l’urée dans des aliments liquides ; elle ne représente pas plus de 50 % du produit. L’apport d’urée avec ce type d’aliment doit être réfléchi selon la quantité à en distribuer et le prix de l’aliment.
Quand l’urée est associée à l’aliment minéral, il faut souvent distribuer une forte quantité de minéral pour apporter la quantité d’urée souhaitée. Il y a risque de surconsommation d’AMV et de surcoût.
L’achat d’un substitut à l’urée se fait en connaissant précisément son taux d’incorporation dans l’aliment.
D. Le Du,
d’après Institut de l’Elevage (Philippe Brunschwig).
Photo : L’éleveur ne peut plus utiliser de l'urée pure pour corriger ses rations en azote. Il doit avoir recours à des aliments complémentaires contenant suffisamment d’urée.