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Morbihan (56)
Pomme de terre / Chez Claire et Nicolas Raflé à Cléguérec - Un logiciel pour aider à la lutte contre le mildiou
 

Depuis trois ans, le logiciel Milpv me conseille dans mes choix de traitements. L'objectif est de réaliser des économies en évitant les traitements systématiques et en choisissant les molécules les mieux adaptées à la situation sanitaire", explique Nicolas Raflé. Cet outil d'aide à la décision prend en compte les conditions météo du secteur géographique (Une station météo a été installée par Bretagne Plant et le Feredec sur l'exploitation pour le secteur Cléguérec-Neuillac). Les données sont utilisées par le logiciel pour prévoir le développement de la maladie. Les diverses interventions sur la parcelle (irrigation) et le stade des cultures sont également prises en compte . "En 2006, j'ai réalisé trois traitements fongicides au lieu des huit préconisés. En 2007, l'année a été très pluvieuse . Le logiciel n'a pas été d'un grand secours. Les traitements étaient de toute façon inévitables". En année normale, l'économie réalisée s'accorde avec efficacité. Les autres adhérents du secteur, équipés du logiciel, bénéficient des données de la station météo et disposent, chacun, d'un pluviomètre pour ajuster au mieux les données sur leur exploitation. Pour autant: "L'équipement informatique ne dispense pas des contrôles visuels des cultures". Jusqu'à présent, seul l'historique des conditions météo est pris en compte. Dès l'an prochain, le logiciel intégrera les prévisions à trois jours pour dispenser ses conseils.

Essais de goutte à goutte l'an prochain

Les 103 hectares de l'exploitation Raflé sont irrigables. "Le réseau  a été installé pour irriguer les légumes industrie à mon installation en 1992. Aujourd'hui, le système sert essentiellement à la culture des plants de pomme de terre (sélection)". Des sondes tensiométriques à 30 et 60 cm de profondeur dans les buttes commandent le déclenchement de l'irrigation, par aspersion. Des essais de goutte à goutte seront réalisés l'année prochaine. 19 hectares sont plantés chaque année. La plantation s'effectue au mois d'avril dans un sol sec, idéalement à 8°C. La terre est préalablement tamisée sur des planches d'1,10 mètre. Les 60 000 pommes de terre par hectare sont plantées sur deux rangs. De la plantation à la livraison, il faut compter 110 heures de travail par hectare. Des saisonniers sont embauchés pour la récolte (l'équivalent d'un temps plein sur l'année). « La mécanisation, de la plantation au conditionnement, a permis une amélioration considérable des conditions de travail ». L'arracheuse est en copropriété avec un voisin. Le rendement par hectare est de 40 tonnes en moyenne. Après récolte, les pommes de terre sont stockées en silo couloir (ventilation au sol) ou en caisses dans l'attente du calibrage. Elles sont ensuite stockées en chambre froide à 2°C avant la vente. "50% de la production est exportée, essentiellement vers les pays du pourtour méditerranéen". Cinq variétés sont produites sur l'exploitation : l'Amandine, la Pamela (Germicopa), la Safrane, l'Hermine (Gopex) et l'Hermès (Cecab). Sur la zone de Pontivy, 90 variétés sont sélectionnées (200 sur l'ensemble de la France, essentiellement en Bretagne et dans le Nord).
L'exploitation est consacrée aux cultures (blé, maïs, légumes industrie). Les terres bénéficient des apports de fumier de volaille. "J'ai fait des essais concluants avant l'implantation de la pomme de terre cette année". Facile à intégrer dans la rotation, la pomme de terre constitue un bon précédent pour les céréales.

Bernard Laurent

 

Photo : Nicolas Raflé est l'un des 92 producteurs du syndicat de Pontivy qui produisent du plant de pomme de terre.

 


Le boom à l'export vers le Maghreb
et le Moyen Orient

Les Hollandais enregistrent une baisse de production de plants de pomme de terre. Selon Philippe Dolo, responsable du développement technique à Bretagne Plants, les rotations trop courtes ont miné leur potentiel. Dans le même temps, la demande des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, en plein développement économique, s'accroît. Ces pays se professionnalisent et s'industrialisent. Ils sont à la recherche de variétés innovantes, adaptées aux conditions locales, pour se spécialiser (production de chips par exemple). La filière bretonne, qui bénéficie de deux stations de création variétales, a des atouts pour répondre à ces demandes. Elle recherche des producteurs. L'accompagnement des candidats à la production est un gage de réussite: entraide pour limiter les investissements de départ, suivi technique. 3 ou 4 hectares permettent ainsi de démarrer sans investir. Au bout de deux à trois ans, si le producteur s'engage dans cette activité, l'investissement nécessaire en matériel et bâtiment revient à 10 000 à 12 000 euros par hectare. La marge nette (produits – toutes les charges spécifiques à l'activité) est estimée entre 1500 et 2000 euros. 



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Décembre 2008
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