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Normande / Elevage Lamour à Ploubezre (22) - Plus de lait sans rogner sur les acquis
 

Le lait, la mamelle, la vitesse de traite, les fonctionnels : telles sont les orientations privilégiées par Charles Lamour sur son troupeau de Normandes (à Ploubezre dans les Côtes d'Armor). La solidité est visée dans 66% des accouplements (contre 57% sur la zone Amélis), la conduite dans 45% des IA et le lait dans 43% des IA. L'objectif de l'éleveur est certes d'augmenter le potentiel laitier, mais sans rogner sur le TP se situant autour de 35, ni sur la morphologie qui lui offre une valorisation bouchère fort intéressante.
La variabilité est aussi recherchée par l'éleveur : pas moins de 16 reproducteurs ont été utilisés sur la campagne en cours avec 9 grands-pères paternels différents. "Au maximum, 4 femelles ont le même père : elles sont toutes les 4 femelles issues de transplantation embryonnaire", a précisé Anthony Grouazel, technicien Amélis sur la partie pointage, lors d'une porte ouverte sur l'élevage Lamour, le 3 décembre.

Ukraine dans le schéma de sélection

Parmi les animaux remarquables de l'élevage, Ukraine se distingue et participe au schéma de sélection. "Nous avons joué la carte du taureau Pistache sur cette vache. Un de ses veaux présente un Isu de 149", précise Anthony Grouazel. "Les éleveurs Normands participent activement à la création génétique. Nous souhaitons conserver cette dynamique. Il existe de bonnes vaches dans beaucoup d'élevages pour la production d'embryons", note Olivier Roze, responsable création génétique Normande Amélis (départements 22/35).
Sur l'exploitation Lamour, le potentiel laitier est bien exploité avec un effet troupeau de 1 300 kg de lait (niveau d'étable brut de 7 200 kg). L'index lait atteint 210, l'Isu moyen 112 et le TB 45,5. "Nous élevons toutes les génisses, le tri est fait par la suite : vente des femelles prêtes à vêler ou vaches adultes", précisent les éleveurs. Le renouvellement est de 40% par an.

Valorisation par le TP et la viande

Côté valorisation économique, l'éleveur affiche d'excellents résultats. Sur l'exercice clôturé le 31 mars 2008, le prix moyen de vente du lait atteignait 368 euros/1000 L, soit 34 euros de plus que les autres producteurs de son groupe CER (toutes races confondues). Les marges brutes également sortent du lot : 1 950 euros par ha (supérieur de 340 euros) et 323 euros aux 1 000 L (60 euros de plus). "Grâce à une maîtrise des coûts de concentrés et de fourrages, la charge alimentation ne dépasse pas 59 euros aux 1 000 L (contre 75 euros pour le groupe)", précise Michèle Le Penven, comptable conseil au CER France 22.
Depuis 2003, le produit viande a fortement progressé du côté des vaches : le prix unitaire, alors de 725 euros, atteint 1 150 euros sur 2008. Par contre, "la mauvaise conjoncture en veaux se fait ressentir : 160 euros par sujet en 2008 contre 284 en 2003", explique Charles Lamour. L'éleveur s'inscrit dans la démarche FQRN (Filière qualité race normande), démarrée en 1992 en partenariat avec Carrefour. "L'objectif de poids de carcasse est de 320-400 kg, avec une conformation O= minimum et un état d'engraissement de 2-3", explique Marcel Boullier, responsable de la production bovine à Coopagri Bretagne.
Les bœufs, vendus 1 015 euros par tête pour un poids moyen de 414 kg en 2003, sont valorisés à 1 140 euros pour un poids moyen de 391 kg en 2008. "Majoritairement nourris à l'herbe et au foin, ils sont finis au maïs et vendus vers 30-32 mois". Toutes les démarches d'amélioration économique ont été payantes, elles ont permis un accroissement régulier de l'EBE (Excédent brut d'exploitation) : 34 300 euros en 2003 pour arriver à 60 000 euros en 2007. "En 2008, des charges fixes plus importantes font légèrement baisser l'EBE à 53 600 euros".

Agnès Cussonneau

 

Photo : Charles Lamour et sa femme Virginie.

Exploitation de Charles Lamour- 1 UTH – Installation en 1997- Atelier lait : quota de 230 000 L – 34 vaches Normandes – Génisses : 11 de 0 à 1 an, 18 de 1 à 2 ans, et 7 de plus de 2 ans.
- Atelier bœufs : 21 bœufs, 8 vendus par an.
- Chargement : 1,60 UGB/ha.
- SAU de 51 ha - surface fourragère de 37 ha (dont 34 ha de prairies temporaires et 13 ha de maïs à 15 t de MS/ha) - cultures de vente : 5 ha d'orge et 9 ha de blé.



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Décembre 2008
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