
Le 20 novembre, le Conseil général a ouvert le débat sur les priorités et enjeux de l’agriculture. Objectif : revisiter la politique agricole départementale. « Le Finistère est un des premiers départements agricoles de France. En termes d’activité, ce secteur représente 50 000 emplois directs et indirects », a chiffré en préambule Michaël Quernez, président de la commission économie du Conseil général.
Sept priorités
Avec la volonté d’adapter les politiques agricoles du département au nouveau contexte social, économique et environnemental, le Conseil général a voté de nouvelles orientations en 2008. « Nous avons choisi de revisiter nos aides. Dans les faits, nous avons réalisé une sorte de mise à plat ».
Sept priorités ont été définies, comme l’a rappelé M. Quernez. « Première priorité, le renouvellement des actifs. Le maintien des actifs sur tout le territoire passe entre autres par la valorisation des métiers agricoles ».
Une agriculture plus respectueuse de l’environnement figure en deuxième priorité. Puis viennent : la recherche appliquée, les démarches de label et de certification, le soutien aux exploitations viables, le soutien aux organisations agricoles, le soutien aux agriculteurs en difficulté.
Une politique agricole départementale cohérente se doit également d’être en phase avec à la politique agricole générale ont rappelé les élus. D’où cette contribution au débat de Stéphane Le Foll, député européen, membre de la commission agriculture au Parlement européen, qui n’a pas manqué de marteler que « l’on a besoin de toutes les agricultures du monde pour faire face au défi alimentaire des prochaines décennies ». Et de mettre le doigt sur l’augmentation de la population mondiale estimée à 3 milliards d’habitants d’ici 2050.
Une agriculture écologique intensive
« Si on nourrissait chaque habitant comme un Mexicain, il faudrait doubler la production agricole mondiale ». Un véritable défi quand on sait que l’épaisseur de terre cultivable planétaire se limite à 30 cm. « D’où l’urgence de protéger les sols », dit ce député qui plaide par ailleurs pour une « agriculture écologique intensive ».
Reste que, si depuis la récente flambée des matières premières, l’alimentation est à nouveau reconsidérée comme priorité mondiale pour la stabilité sociale, le député européen constate que depuis 20 ans, l’agriculture n’est plus soutenue. « L’aide au développement pour l’agriculture est passée de 15 % à 4 % de la richesse ». Et de déplorer que l’objectif de descendre à 400 millions de personnes mal nourries s’est finalement transformé en près d’un milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim… dont 80 % d’agriculteurs.
A l’échelle du continent européen, ce vice-président de la commission Agriculture au Parlement se fait également l’avocat d’une véritable politique agricole « alors que la Commission dit que le marché va tout résoudre », regrette-t-il.
Didier Le Du
Photo : En préambule des débats, Michaël Quernez, président de la commission Economie du Conseil général, a situé la place de l’agriculture dans l’économie départementale.
Aides à l’agriculture
L’Europe est le plus gros pourvoyeur de fonds à destination de l’agriculture bretonne : « 550 à 600 millions d’euros sont attribués au travers de la Pac », a chiffré Yvette Herviaux, vice-présidente du Conseil régional chargée de l’agriculture. À cette somme, il convient d’ajouter 70 millions en provenance du national, 21 millions de la Région et 8 millions du département en ce qui concerne l’agriculture finistérienne.